Édition du mercredi 9 septembre 2020


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Trois ans après son lancement, Action coeur de ville est un « accélérateur de la relance » pour Jacqueline Gourault

 

Le gouvernement avait décidé, en 2017, d’engager la lutte contre la dévitalisation des préfectures et des sous-préfectures avec le lancement du programme Action cœur de ville (5 milliards d’euros sur le quinquennat). Dans les 234 communes et intercommunalités de 20 000 à 100 000 habitants, « de retour sur le devant de la scène » selon l’expression utilisée hier à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris par Jacqueline Gourault, « 1 500 projets », qui ont trait aussi bien à la rénovation de l’habitat et des espaces publics, qu’au développement de nouveaux services publics et de commerces ou à la valorisation du patrimoine et des paysages, « sont prêts à démarrer », annonçait, lundi, l’entourage de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Sans préciser s'ils s'ajoutent ou non aux plus de 4 000 actions « déjà prêtes » au début de l'année (lire Maire info du 23 janvier) et aux 1 500 qui devaient démarrer en 2019 (lire Maire info du 12 décembre 2018). 
Surtout, à l’heure où la crise du covid-19 plombe l’économie du pays, Jacqueline Gourault veut faire des villes moyennes « un acteur majeur de la sortie de crise et un formidable support pour accélérer (les) transitions (écologiques, économiques et sociales) au sein des territoires ». En somme, poursuit-elle, Action cœur de ville « dispose de l’ensemble des atouts pour être un « accélérateur » du Plan de relance ». Et ce, malgré la nouvelle ponction annoncée par le gouvernement pour boucler son budget 2021 dans la trésorerie d'Action Logement (1 à 1,5 milliard d’euros), deuxième financeur du programme Action cœur de ville après la Banque des territoires. Le gouvernement avait déjà prélevé 500 millions d’euros dans la trésorerie de l’organisme l’an passé.

1,5 milliard d’euros engagés et 174 ORT signées
À la tribune, la ministre dit tout le bien qu’elle pense de sa « politique spécifique à destination des villes moyennes ». « Qu’il semble loin, le temps où l’on expliquait que la France avait ‘’tué ses villes’’ » quand aujourd’hui, selon un sondage Ifop dévoilé hier, « 50 % des Français décrivent aujourd’hui les villes moyennes comme leur ‘’cadre de vie idéal’’ ». 
Dans les faits, 1,5 milliard d’euros ont déjà été mobilisés sur les cinq milliards à disposition sur l’ensemble du quinquennat et « 174 opérations de revitalisation des territoires (ORT) ont été signées par 146 villes, plus de 200 devraient l’être d’ici la fin de l’année », se félicitait la ministre. Rappelons-le, signer une ORT est un préalable obligatoire pour toute collectivité qui souhaiterait lutter contre les extensions de grandes surfaces en périphérie et réclamer au préfet un moratoire sur un projet (lire Maire info du 20 février 2019). 

1 milliard d’euros supplémentaires avec le plan de relance
L’objectif, à présent, est « d’accélérer le déploiement du programme pour concrétiser la « nouvelle donne territoriale », souhaitée par Emmanuel Macron, et ses deux piliers, « la transition écologique » et la « résilience », se projette Jacqueline Gourault. Le milliard d’euros de dotation supplémentaire, budgété dans le plan de relance, y contribuera, à n’en pas douter. Le gouvernement entend, par exemple, « créer des foncières commerciales, accompagner le recrutement de managers de centre-ville, accélérer la digitalisation des commerces et le développement des circuits-courts » pour aider les villes à soutenir leurs commerces éprouvés par la crise du covid-19.
Sur le plan écologique, cette enveloppe supplémentaire sera fléchée vers les projets de requalification des centres-villes, « bloqués jusque-là faute d’un équilibre économique » (13 % de vacance commerciale en moyenne dans ces 234 territoires), la rénovation thermique des équipements publics, notamment des écoles, et leur adaptation au changement climatique, et les opérations de rénovation urbaine « grâce à la mise en place du fonds friches de 300 millions d’euros dédiés ». « Sur toutes les lignes de la relance, on aura des crédits supplémentaires en plus des 5 milliards d’euros mobilisés au démarrage du plan », expliquait, plus largement au Monde, l’entourage de la ministre lundi. 

« Un laboratoire de la nouvelle étape de décentralisation »
Au-delà de ces projets concrets, Action cœur de ville est, pour la ministre, « un laboratoire à l’« échelle 1 » de la nouvelle étape de décentralisation ». L’occasion, pour elle, d’évoquer brièvement « la philosophie du projet de loi 3D (décentralisation, déconcentration et différenciation) » « qui met en avant les possibilités de différenciation par l’expérimentation ». Si elle évoque bien la différenciation, comme Jean Castex lors de son discours de politique générale cet été (lire Maire info du 16 juillet), Jacqueline Gourault est restée silencieuse sur les projets du gouvernement en matière de décentralisation… Elle donne toutefois rendez-vous « très prochainement » pour « une nouvelle étape de cette « nouvelle donne territoriale », avec le lancement du programme « Petites villes de demain » qui va accompagner la revitalisation des petites centralités (moins de 20 000 habitants) ». Un nouveau plan dont les contours avaient toutefois été dévoilés par Édouard Philippe… il y a un an (lire Maire info du 23 septembre 2019).

Ludovic Galtier

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