Édition du mardi 18 juin 2019


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Tiers-lieux : l'État lance un appel à manifestation d'intérêt doté de 45 millions d'euros

Une seule phrase ne saurait précisément les définir. Coworking, FabLab, café solidaire… 1 800 tiers-lieux - c’est le nom qui englobe ces espaces équipés en numérique proposant activités et services regroupés - sont recensés aujourd'hui en France. Le gouvernement souhaite encourager leur développement : Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, et Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, ont présenté, hier à Pantin (Seine-Saint-Denis), le programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens ». Celui-ci a pour but d'accompagner financièrement et de labelliser, en trois ans (2020, 2021 et 2022), 300 « Fabriques de territoires », une moitié se situant dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville et une autre moitié dans les territoires non-métropolitains.
En plus des contributions, de 50 millions d’euros chacun, d’Action Logement (création d’espaces de coworking) et du fonds Amundi, l’État va consacrer 45 millions d’euros aux tiers-lieux. Cette annonce n’en est en fait pas vraiment une : le 20 septembre 2018, jour de la remise au gouvernement d’un rapport sur les tiers-lieux, Julien Denormandie, à l’époque secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, avait indiqué qu’une enveloppe de 110 millions d’euros sur trois ans (soit environ 37 millions d’euros par an) avait été budgétée (lire Maire info du 21 septembre 2018)…

« 300 Fabriques de territoires » et « 30 Fabriques numériques de territoire »
Concrètement, un appel à manifestation d’intérêt permanent, doté de 45 millions d’euros, sera lancé « prochainement » pour labelliser ces 300 « Fabriques de territoires » (100 seront labellisées en 2020), existantes ou non, qui pourraient être aussi bien portées par des maires, des associations ou des acteurs privés. « L’État les accompagnera avec une subvention comprise entre 75 000 et 150 000 euros sur trois ans, précisait, dimanche, Julien Denormandie dans une interview à 20 Minutes. Nous espérons lever deux obstacles à la création des tiers-lieux : le coût d’investissement (achat, location de bureaux ou d’ateliers), et l’amorçage (se faire connaître, recruter du personnel). D’où un soutien sur les trois premières années ». Installé hier, le Conseil national des tiers-lieux, participera à l’étude des candidatures. « Une attention particulière sera accordée aux initiatives liées au numérique », est-il précisé dans le dossier de presse.
Dans la même optique, « 30 Fabriques numériques de territoires » seront déployées dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Celles-ci seront soutenues, en 2019, par « un bonus financier de 100 000 euros par tiers-lieu ». Dans les zones rurales, les créations de tiers-lieux seront éligibles aux subventions d’investissement gérées par les préfets (15 millions d’euros).

« Un accompagnement sur mesure »
Chaque projet pourra bénéficier d’un « accompagnement sur mesure », promet le gouvernement. « Il ne s’agit pas d’un plan. L’État met à disposition une offre de services et différentes modalités d’accompagnement que les tiers-lieux peuvent s’approprier en fonction de leurs besoins », confirme un tweet de la Mission Société numérique.
Citons, par exemple, l’amorçage « pour ceux dont le projet rayonne au-delà du territoire dans lequel il est implanté et qui ont besoin de bénéficier d’une subvention, sur deux ou trois ans, pour constituer leur équipe et trouver leur équilibre économique » ou le soutien à l’investissement pour ceux « qui doivent faire des travaux d’acquisition et d’aménagement pour créer leur espace ».
Dans le cadre d’une expérimentation, l’État met, par ailleurs, à disposition des porteurs de projets qui n’auraient pas encore de locaux « des lieux vacants (ancien tribunal, bureaux, friche…) dont il est propriétaire ».
Les tiers-lieux, comme les Maisons France-services, dont le nombre doit passer de 1 300 à 1 800 en 2022, participent, selon le gouvernement, à la réduction de la fracture territoriale notamment mise en lumière par le mouvement des Gilets jaunes. « Le but n’est pas de fermer des services publics, mais d’en (ré)implanter partout dans les territoires, au plus près de nos concitoyens ! », a expliqué Jacqueline Gourault à 20 Minutes.
Ludovic Galtier
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