Édition du mardi 21 juillet 2020


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Territoires d'industrie : le gouvernement lance son plan pour « relocaliser des activités stratégiques »

 

Faciliter l’implantation et les investissements d’entreprises industrielles dans les territoires. Telle est l’ambition du « Pack rebond » destiné aux 148 territoires d’industrie labélisés de la sorte depuis 2018 (lire Maire info du 6 mars 2019). Ce nouveau plan, dévoilé hier à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) par Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, et Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’Industrie, est orienté vers quatre objectifs : « Attirer de nouveaux investissements et relocaliser notre production », « expérimenter des sites pilotes pour les transitions industrielle et écologique », « préserver les savoir-faire et développer les compétences » et « accélérer les projets des collectivités et des industriels ». A ce sujet, 50 projets de collectivités bénéficieront d’un financement des besoins d’ingénierie à 100 % par l’Agence nationale de cohésion des territoires et 50 autres seront accompagnés par la Banque des Territoires par cofinancement.

78 sites « clés en main »
Principale annonce de ce plan : la liste des sites « clés en main » s’allonge. De douze en janvier, au moment de leur lancement lors du sommet « Choose France », 78 sites entièrement viabilisés, implantés dans les 13 régions métropolitaines et pour les trois quarts d’entre eux dans des territoires d’industrie, sont désormais disponibles pour accueillir des implantations industrielles. L’avantage de ces sites, dont l’ADN est inspiré du rapport de septembre 2019 du député La République en marche d’Eure-et-Loir Guillaume Kasbarian (« 5 chantiers pour simplifier et accélérer les installations industrielles »), est d’épargner certaines démarches administratives aux entreprises. Les procédures relatives à l’urbanisme, les études d’archéologie préventive et d’environnement ont, par exemple, été réalisées en amont de leur installation. « Plus les démarches et les contraintes procédurales ont été anticipées par un aménageur, plus l’industriel pourra s’implanter rapidement sur le site ainsi pré-aménagé », résumait Guillaume Kasbarian dans son rapport. « L’objectif du dispositif « sites industriels clés en main », ajoutent les ministres, est de simplifier la vie des entreprises françaises ou étrangères qui souhaitent ouvrir une usine en France. Ces sites ont vocation à devenir les vitrines de la relocalisation d’activités et feront l’objet d’un accompagnement prioritaire de l’Etat, en lien avec la Banque des territoires et les collectivités territoriales. »

Une aide en ingénierie de relocalisation industrielle
Cette « relocalisation d’activités industrielles stratégiques » sera soutenue par une aide en ingénierie. « La crise sanitaire a mis en évidence la dépendance de nombreux secteurs industriels à des chaines d’approvisionnement peu sures. La relocalisation industrielle est un enjeu pour sécuriser ces chaines d’approvisionnement et un levier du développement économique local de l’après crise », expliquent les ministres. « Pour construire l’activité industrielle des territoires », la Banque des territoires propose donc, par exemple, « d’accompagner les intercommunalités dans l’élaboration de leur plan d’actions afin de favoriser les relocalisations et réinternalisations de production d’entreprises endogènes, et les investissements d’entreprises exogènes » et « une offre complète et sur mesure pour l’aménagement de sites (…) dans les zones rurales mais aussi périurbaines, voire parfois urbaines ». Pour rappel, 70 % des sites industriels sont situés hors des grandes agglomérations et 71 % des investissements directs étrangers dans le domaine industriel ont profité à des communes de moins de 20 000 habitants.

« Rouvrir des formations sur les compétences industrielles dans les territoires »
Pour « préserver les savoir-faire et développer les compétences dans les territoires », le plan gouvernemental s’attache, enfin, à « rouvrir des formations (au plus près des besoins des PME et des ETI) sur les compétences industrielles dans les territoires ». Une centaine de nouveaux espaces d’accès à la formation, s’adressant aux jeunes, aux salariés et aux demandeurs d’emploi répartis sur tout le territoire, pourraient ainsi être créés d’ici trois ans. Un appel à manifestation d’intérêt à destination des territoires d’industrie et des villes « Action cœur de ville » a été lancé à cet effet. Il est ouvert jusqu’au 25 juin 2021 (lien de l’AMI ici). Chaque collectivité lauréate bénéficiera de l’ingénierie de formation du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et d’un accompagnement « sur mesure », apporté par la Banque des territoires. Celle-ci prévoit de financer et de déployer une offre d’ingénierie et une aide à l’amorçage à hauteur d’1,5 million d’euros afin d’accompagner 10 nouveaux centres lauréats de ce nouvel AMI.
En parallèle, les entreprises recrutant un volontaire territorial en entreprise en territoire d’industrie bénéficieront désormais d’une aide financière de 4 000 euros de l’Etat et de la Banque des territoires (opérée par Bpifrance) tandis que le jeune bénéficiera d’une aide de 1 200 euros versée par Action Logement, pour prendre en charge ses frais d’hébergement. A terme, l’objectif est d’en recruter 1 000.

Ludovic Galtier

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