Édition du jeudi 9 janvier 2003


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Les agents de l'Etat doivent prendre «toute leur part dans la réforme de la décentralisation, qui doit permettre un véritable saut qualitatif dans les services publics», déclare Jacques Chirac

L'Elysée avait promis un message "énergique" du chef de l'Etat à l'occasion de la cérémonie des vœux des corps constitués : la mise au point a été sans ambages. "Cette réforme, je vous le dis solennellement, il va falloir la faire et c'est à vous de la faire, sous l'autorité du gouvernement", a lancé Jacques Chirac, en présence notamment du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, pilote de la réforme de l'Etat. "Vous devez consacrer l'année 2003 à une amélioration en profondeur de la qualité du service rendu par les administrations que vous dirigez", a souligné le chef de l'Etat. "Je sais que vous y êtes prêts. La volonté politique a été longtemps défaillante. Elle est aujourd'hui totale. Les Français ont exprimé leur exigence. C'est une exigence forte, incontournable. Elle nous oblige tous", a-t-il ajouté. Car, pour le président de la République, la modernisation de l'Etat est "le prolongement indispensable du sursaut républicain dont nos compatriotes ont donné l'exemple l'an dernier", allusion au second tour de l'élection présidentielle du 5 mai qui l'avait vu sortir vainqueur du duel l'opposant au dirigeant d'extrême droite Jean-Marie Le Pen. Cette réponse aux attentes des Français, qui "vivent de plus en plus mal les archaïsmes, les contraintes, les rigidités et les lenteurs de l'administration", suppose pour Jacques Chirac un examen de conscience sans complaisance de la part des fonctionnaires. "Les rigidités actuelles sont, pour vous, un motif supplémentaire d'agir et non une excuse pour s'abstenir", a-t-il estimé. "La République, ce n'est pas seulement un ensemble de valeurs, ce sont aussi des actes et des résultats", a-t-il justifié, appelant à une réforme "sous le triple signe de l'efficacité, de la proximité et de la simplicité". En écho aux doléances des usagers des services publics, le chef de l'Etat a égrené comme autant de reproches voilés les "questions simples" que les fonctionnaires devraient se poser. "Que faites-vous pour réduire les déplacements, les files et les délais d'attente ? (...) Que faites-vous pour remettre en question et réformer les habitudes ? (...) Ne peut-on éliminer certains gaspillages auxquels tout le monde est depuis trop longtemps résigné ?" Jacques Chirac prône notamment une simplification des règlements et des démarches administratives, des formulaires rédigés "dans une langue simple", le développement des nouvelles technologies, l'instauration d'un numéro d'appel unique. "Tous ces progrès sont aujourd'hui à la portée des administrations (...) Ils doivent être mis en œuvre sans retard. J'attends beaucoup des mesures que le gouvernement prendra cette année par ordonnances. Il vous revient de les préparer, sans craindre d'être audacieux", a-t-il dit, tout en assurant que la réforme prendra en compte "les aspirations professionnelles" des fonctionnaires. Le président a rappelé que chacune des administrations de l'Etat sera soumise à l'examen chaque année, à l'occasion d'un débat parlementaire, afin de vérifier la progression de sa réforme interne. "En dehors des discussions purement budgétaires, chaque ministre s'engagera devant le Parlement sur les priorités du service public et sur des résultats". Jacques Chirac a souhaité par ailleurs que les agents de l'Etat prennent toute leur part dans la réforme de la décentralisation, qui doit permettre "un véritable saut qualitatif" dans les services publics. Un vœu assorti d'une mise en garde : "Vous ne devez pas vous laisser guider par les enjeux de pouvoir propres au fonctionnement de vos administrations. Une grande administration ne saurait borner son ambition à la volonté de défendre son pré carré". "Je ne veux pas que, dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans, les transferts de compétences que le gouvernement proposera cette année au Parlement aient été remis en cause", a-t-il averti. Car, "par des phénomènes de recentralisation rampante et sournoise, l'Etat a toujours voulu reprendre d'une main ce qu'il avai
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