Édition du lundi 18 juin 2001
Le "rapport Sandrier" propose d'accélérer le financement de quelque 15 000 associations travaillant dans les quartiers difficiles
Améliorer le financement des 15 000 associations uvrant dans les quartiers en difficulté et développer le partenariat, telles sont les principales propositions d'un rapport remis la semaine dernière au ministre délégué à la Ville Claude Bartolone.
Jean-Claude Sandrier, député du Cher, devait trouver des solutions pour régler les problèmes récurrents de ces associations qui se distinguent des quelque 700000 à 800000 recensées en France, par des difficultés spécifiques. Parfois seules présentes sur des sites sensibles, elles sont le "seul lien entre la société et des habitants chez qui le sentiment d'abandon et de mise à l'écart est particulièrement développé", souligne le rapport.
Par ailleurs, l'engagement bénévole est moindre dans ces quartiers. Les associations connaissent des problèmes sur le terrain (insécurité, absence de services publics) et se plaignent plus que d'autres de la complexité et des lenteurs des procédures, notamment pour l'attribution des subventions.
En 2000, ces associations ont reçu environ 1,35 milliard de francs (0,21 milliard d'euros) de subventions, contre 0,67 milliard de francs (0,102 milliard d'euros) en 1998, soit près du double. Tous crédits confondus, les associations uvrant pour la politique de la ville ont bénéficié chacune en moyenne d´un financement de 195 200 francs (29758,05 euros).
L´Etat (42 % du total) et les communes (27 % du total) sont les deux principaux financeurs publics. La jeunesse bénéficie à elle seule de 61% des subventions spécifiques. Viennent ensuite le développement économique, la prévention, la santé et la culture, le lien social en général.
Ces crédits ne financent qu´un tiers des opérations menées par les associations dans les quartiers sous contrats de ville, dont le montant total, évalué à 4 milliards de francs (0,61 milliard d'euros) en 2000, représente 2 % des dépenses associatives réalisées en France.
Les propositions émises par le rapport s'attachent surtout à faciliter et accélérer la mise à disposition des financements. Les délais actuels, trop longs, perturbent en effet souvent le fonctionnement des associations et remettent en cause leurs projets sur le quartier.
Il est préconisé d'avancer le calendrier de programmation des projets de contrat de ville pour permettre une affectation des crédits dès le mois de janvier au lieu du second trimestre, de garantir le versement d'une avance des financements de l'Etat avant le 15 février pour les associations bénéficiant de subventions de moins de 50 000 francs.
Un fonds d'avance permettrait d'aider à la création de nouvelles associations et de mettre en uvre des actions urgentes.
Il est proposé aussi de généraliser la pratique du dossier unique à l'ensemble des associations, pour les partenaires que sont l'Etat, le Fonds d'action sociale, les communes, la région et éventuellement le département.
Par ailleurs, il est recommandé de favoriser le partenariat entre associations, de constituer dans chaque territoire en contrat de ville un "centre de soutien à la vie associative", de développer la formation des bénévoles et professionnels travaillant dans les associations. s
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