Édition du Wednesday 22 mars 2006


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La majorité des populations défavorisées ne mangent pas à leur faim

Selon une enquête publiée par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dans son édition de mardi, et dont les résultats sont synthétisés par le Monde (21/03), la majorité des populations défavorisées ne mangent pas à leur faim. L’étude a été réalisée sur la base de 1.164 questionnaires remplis par des personnes en situation de précarité qui font appel à des structures associatives pour se nourrir. Près de la moitié des sondés déclarent «ne pas avoir assez à manger, parfois ou souvent», d'après le BEH. Dans un cas sur quatre, l'aide est octroyée depuis au moins trois ans. Elle apparaît comme la «première source d'approvisionnement pour l'ensemble des produits, à l'exception du pain». Une telle dépendance remet en question «l'organisation même de l'aide alimentaire», car certaines associations suspendent leurs activités à certaines périodes de l'année, ce qui «laisse présager de grandes difficultés pour une partie» de la population étudiée. Plus de 70% des personnes interrogées aimeraient que les colis ou les repas servis contiennent des aliments plus variés. L'étude du BEH montre, en effet, que les bénéficiaires de l'aide alimentaire consomment peu de viande, de poisson, de fruits et de légumes. Ces «difficultés à accéder à une nourriture adaptée sont associées à un état morbide ou prémorbide dont les conséquences, en terme de prise en charge, restent à prendre en compte», soulignent les auteurs. Ainsi, la proportion de cas d'obésité est deux à trois fois plus élevée «chez les femmes de faible statut socio-économique» que dans la «population générale». Le pourcentage d'hypertendus est également très élevé. Enfin, le BEH montre combien les conditions de vie des publics en difficulté varient en fonction du lieu où ils vivent. Dans 57 % des cas, ceux qui se trouvent à Paris n'ont pas de domicile fixe ou résident à l'hôtel, dans un foyer, etc. A l'inverse, plus de 80 % des bénéficiaires de l'aide alimentaire établis à Dijon ou en Seine-Saint-Denis ont un logement ou sont hébergés par des proches. D'une manière générale, les personnes interrogées présentent un faible niveau de formation; 5,5% d'entre elles occupent un emploi.
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