Crise du carburant : l'État ajuste son soutien aux secteurs les plus touchés
Par Lucile Bonnin
Hier, en fin d’après-midi, Sébastien Lecornu a organisé une conférence de presse réunissant plusieurs membres du gouvernement. Dans un contexte de hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, le gouvernement refuse toujours fermement d'opter pour une logique de « quoi qu’il en coûte ».
« On ne va pas changer de stratégie »
Si l’on peut parler d’une prolongation et d’une augmentation des aides, il n’est en revanche pas question de « nouveaux dispositifs ». Le gouvernement est clair sur le fait qu’il souhaite, pour faire face à la crise, rester dans une logique de « réponse ciblée ».
« On ne va pas changer de stratégie, a déclaré hier Sébastien Lecornu. C’est un choix que nous faisons, qui est de garder un ciblage important sur celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui tiennent l’activité du pays ».
Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé que le soutien de l’État sera porté « à hauteur de 1,2 milliard d’euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus besoin » , soit 470 millions d’euros d’aides déjà annoncées et 710 millions d’euros d’aides supplémentaires.
D’abord, il a été annoncé la prolongation jusqu’à la fin du mois d’août des aides accordées aux secteurs de la pêche, de l’agriculture et des transports. Pour rappel, ces aides directes avaient été annoncées fin mars et comprennent : une aide financière exceptionnelle pour les entreprises ayant acheté du GNR (gazole non routier) « pour la réalisation de travaux agricoles ou forestiers » ; un remboursement sur les factures de carburant des navires de pêche ; une aide pour les « PME-TPE » du transport (transport de marchandises et de voyageurs).
Des nouveautés vont cependant entrer en vigueur. Pour le BTP, Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, a annoncé la reconduction des « aides GNR BTP » avec un élargissement aux entreprises de moins de 50 salariés (auparavant réservé aux entreprises de moins de 20 salariés). Les aides à domicile pourront également prétendre à « des indemnités kilométriques » et « un programme de leasing automobile social » sera accessible pour ces professionnels. Les taxis et VTC sont désormais clairement intégrés parmi les secteurs prioritaires et ils pourront bénéficier dès octobre 2026 d'une aide pour l'achat d'une voiture électrique. Enfin, le gouvernement a annoncé qu’un dispositif similaire à celui du transport routier sera mis en place pour le transport fluvial.
Du côté des particuliers, le gouvernement a annoncé la pérennisation de l'aide aux trois millions de Français modestes, dits « grands rouleurs » qui sera au passage doublée, passant de 50 euros à 100 euros. Pour les agents publics, le barème des indemnités kilométrique sera revue à la hausse. Cette hausse de plus de 3 % ne concerne que les agents publics de l’État et de la fonction publique hospitalière.
Des inquiétudes qui demeurent pour l’été
Mais il reste des inconnues dans l’équation. Une question revient de manière récurrente dans les médias : est-ce que les Français auront du carburant pour partir en vacances ? Invité au Journal de 20h hier sur France 2, Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances, a expliqué que la situation dépendait de l’évolution des tensions internationales mais a insisté sur le fait que le gouvernement « se prépare à tout » . Le ministre n’a pas pu apporter de chiffre officiel sur une hausse supplémentaire prévue pour cet été. Cependant, ce qui est certain, c'est que les aides aux particuliers ne sont pas au programme. Le ministre a également rappelé que, contrairement à certains pays voisins (Espagne, Italie, Portugal), le gouvernement français refuse d'opter pour une baisse généralisée des taxes sur le carburant.
Aucune aide ne cible non plus directement les collectivités notamment pour leurs dépenses de carburant via les flottes de bennes à ordures, véhicules des services municipaux, etc. Par ailleurs, les secteurs concernés par les aides dénoncent globalement des dispositifs trop fragmentés, complexes et sans véritable lisibilité à long terme.
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