Édition du vendredi 16 juillet 2004


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Vallée de l'Oule (Hautes-Alpes) : les 200 habitants divisés par un projet d'éoliennes sur une ligne de crête entre 1 100 et 1 300 m d'altitude

Aux confins des Hautes-Alpes et de la Drôme, le projet d'implanter une dizaine d'éoliennes sur une ligne de crête entre 1 100 et 1 300 m d'altitude divise profondément les rares habitants. Le maire de Bruis (Hautes-Alpes), Gérard Tenoux (SE), président de la Communauté de communes de la vallée de l'Oule (qui totalise 200 habitants), défend le projet en expliquant que sa commune est pauvre, peu peuplée et ne reçoit que 1 200 euros de taxes professionnelles par an. "Si le projet voit le jour, on aura 110 000 euros de taxe professionnelle. Nous avons lancé un appel d'offres auprès des producteurs d'électricité, si nous réalisons ces éoliennes, nous demanderons à notre partenaire de s'engager pour certains projets, par exemple participer à la création d'un moulin à huile ou bien à la création d'un sentier botanique ...", explique le maire, agriculteur de profession. A l'opposé, Arlette Serratrice, ancienne hôtelière, opposée au projet, "ne comprend pas pourquoi on veut nous apporter de l'argent. On a bien vécu jusqu'à présent, et la qualité de vie et du paysage, ça ne se vend pas", explique-t-elle. Selon le maire, qui a financé les études avec l'aide de la région et de l'Etat, il y a un vent de 7 mètres par seconde pendant plus de 3 000 heures par an sur la crête de Bruis. L'installation d'éoliennes, hautes de 100 m, dont le nombre pourrait aller jusqu'à 13, raccordées au réseau, pourrait être amorti entre 7 et 9 ans. Il reconnaît que ces engins, qui pourraient fonctionner dès 2006, seront visibles de loin, mais les éoliennes modernes dont les pales font entre 22 et 25 tour minutes ne sont plus un danger pour les oiseaux. Deux associations, Pivoine dans les Hautes-Alpes et Asda (Association pour le silence des agneaux) du côté drômois, commencent à s'organiser contre le projet avec l'aide de l'association Vent-de-colère, qui milite contre "l'éolien industriel". Michel Fernandes est secrétaire de l'association Pivoine, qui déclare regrouper 150 personnes. Cet artisan, qui rénove des maisons, estime que l'impact des éoliennes sera terrible pour le site. "Il va falloir créer des chemins d'accès pour construire ces éoliennes, puis créer des lignes nouvelles pour les relier au réseau, cela va tuer le tourisme", affirme-t-il. "Dans le parc régional voisin des Baronnies, les vautours fauves ont été réintroduits à prix d'or, il y en aurait 150 maintenant, ces engins vont les faire fuir alors qu'il y a des milliers de touristes qui viennent ici spécialement pour les voir, sans compter les problèmes de bruit pour les maisons les plus proches", ajoute-t-il. Les deux associations souhaitent l'organisation d'un référendum sur ces éoliennes qui toucheraient six communes des Hautes-Alpes et de la Drôme, soit un total d'environ 500 personnes. "On s'engage, quel que soit le résultat, à se plier à la loi de la majorité" a indiqué Michel Fernandes.c=http://
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