Édition du mardi 27 novembre 2018


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Emmanuel Macron veut inventer une « écologie populaire » avec les citoyens et les élus

Dans un discours d’une heure prononcé en fin de matinée devant un parterre de responsables associatifs, économiques, syndicaux, et d’élus – dont les présidents des associations nationales d’élus – le président de la République a cherché à répondre aux colères qui s’expriment dans le pays en prônant « une écologique populaire », la « construction de solutions concrètes » et davantage de pédagogie. Il a annoncé la tenue, pendant trois mois, d’une concertation nationale sur tous les territoires.

14 réacteurs nucléaires fermés
La première partie du discours présidentiel a dévoilé les grands arbitrages de la Programmation pluriannuelle de l’énergie – le discours devait, initialement, y être uniquement consacré. Avec un objectif clair : un pays « entièrement décarboné » en 2050. « Si nous sortons des énergies fossiles, nous aurons gagné la bataille », a martelé le président. Pour cela, plusieurs axes : consommer moins, d’abord, avec le développement de nouveaux modes de transport et la rénovation énergétique des bâtiments, à laquelle – comme cela avait déjà été annoncé – 9 milliards d’euros seront consacrés dans le cadre du grand plan d’investissement.
Sur le plan de l’énergie, il a été confirmé que toutes les centrales à charbon seraient fermées d’ici 2022, avec une montée en puissance des énergies de substitution en matière de chaleur (géothermie et méthanisation). Pour ce qui est de la production d’électricité, Emmanuel Macron a confirmé la montée en puissance de l’éolien (y compris marin) et du photovoltaïque – « 7 à 8 milliards d’euros y seront consacrés demain », contre 5 milliards d’euros par an aujourd’hui. C’est sur le nucléaire que le président de la République a donné des informations nouvelles : 14 réacteurs seront fermés d’ici à 2035, en commençant par les deux réacteurs de Fessenheim dès « l’été 2020 ». Le chef de l’État a rappelé qu’il n’a « pas été élu sur un programme de sortie du nucléaire, mais de réduction du nucléaire ». Il a ajouté qu’aucune centrale ne serait « complètement fermée ». Sur le charbon comme sur le nucléaire, des « solutions d’accompagnement » seront trouvées avec les collectivités pour réduire les conséquences en matière d’emploi notamment. Il a notamment évoqué des « contrats de transition énergétique » entre l’État et les collectivités concernées pour « accompagner les communes comme Fessenheim, Gardanne, Saint-Avold, Le Havre… ».

Débat national dans les territoires
Mais Emmanuel Macron était naturellement très attendu sur les réponses qu’il entend donner au mouvement des gilets jaunes. S’il a d’emblée affirmé qu’il « ne changerait pas de cap » notamment sur les taxes sur les carburants, il a longuement expliqué qu’il « entendait » les colères et même, les « comprenait », parce qu’elles contiennent « une part de vérité ». « La crainte de nos concitoyens c’est de payer la transition énergétique sans en profiter », a souligné le chef de l’État, rappelant que ce sont les citoyens les plus modestes qui sont également le plus touchés par la crise environnementale et énergétique. Il a donc dit sa volonté de rendre l’écologie « populaire », reconnaissant que ni lui ni ses prédécesseurs n’ont réussi à « inclure tout le monde » dans la transition énergétique.
C’est cela que le président de la République veut changer, en organisant, le plus rapidement possible et « pendant trois mois », un « débat national » qui aura lieu « dans les territoires ». « Il ne faut pas changer de cap mais changer de méthode de travail ». « Je veux que ce débat ait lieu partout, que les élus y soient pleinement associés, et que les gilets jaunes y prennent part, avec leurs propositions. » Cette concertation aura pour but de « construire un nouveau modèle écologique et social ».
Des « solutions concrètes » devront en émerger. Le gouvernement va travailler de son côté à des solutions pour « atténuer les effets » des fluctuations du prix du pétrole, mais il souhaite surtout que des idées concrètes apparaissent pour permettre aux citoyens les plus modestes de « participer » à la transition énergétique sans avoir l’impression d’en payer seuls le prix. Les solutions actuelles sont « trop abstraites », a répété le chef de l’État : « Nous disons aux gens qu’il y a le chèque énergie, mais ils nous répondent qu’ils ne savent pas ce que c’est, et pour être honnête, moi non plus. » « L’ambition du gouvernement est là : mettre chacun devant des solutions concrètes. »
Il a conclu son discours en appelant, plus généralement, à une « véritable conversion mentale de tous les décideurs », pour que soient apportées « davantage de solutions et moins de normes ». Il a constaté un problème global de « consentement à l’impôt », qui vient selon lui avant tout d’un manque de « pédagogie » : « Il faut expliquer aux gens ce que nous faisons de leur argent ». Appelant à la construction d’un « nouveau contrat social », une « remise à plat pédagogique », à apprendre à chacun à « avoir des meilleurs services publics en dépensant moins, pour pouvoir à terme faire baisser les impôts », le président a promis d’apporter dans les prochains mois « des initiatives fortes » à destination de « ceux qui travaillent dur », « ceux qui pensent que ça ne vaut plus la peine de travailler », ceux dont la vie est « empêchée ».
« Ce qui monte de la Nation dit une part de la vérité française », a conclu Emmanuel Macron. « Il faut maintenant se retrousser les manches » et « transformer les colères en solutions ».
Franck Lemarc

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