Édition du lundi 7 septembre 2020


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Le remboursement des frais de garde des élus compensé par l'État dans les communes de moins de 3 500 habitants

 

Lorsqu’ils assistent à certaines « réunions obligatoires liées à leur mandat », comme les conseils municipaux ou communautaires ou les réunions de commission, tous les élus municipaux et intercommunaux bénéficient désormais obligatoirement, depuis l’adoption de la loi Engagement et proximité du 27 décembre 2019, d’un remboursement par la commune ou l'intercommunalité de leurs frais de garde d’enfants ou d’assistance aux personnes âgées, handicapées ou ayant besoin d’une aide personnelle à domicile. Dans les communes de moins de 3 500 habitants, « le remboursement auquel a procédé la commune est compensé par l’État ». Un décret, publié le 1er août au Journal officiel, détermine les « conditions » de cette compensation. Les représentants des élus au Conseil national d'évaluation des normes (Cnen), ont, de leur côté, émis de sérieuses réserves sur le « coûts réels de gestion » du dispositif pour les petites communes.

Une délibération du conseil municipal
Avant toute chose, le conseil municipal, explique le décret, détermine par délibération « les pièces [à retrouver dans le décret] que doivent fournir les membres du conseil municipal pour le remboursement de leurs frais ». Cette délibération doit permettre à la commune « d'exercer un contrôle, notamment vérifier que la somme de toutes les aides financières et de tout crédit ou réduction d'impôt dont l'élu bénéficie par ailleurs, ainsi que du remboursement de la commune, n'excède pas le montant de la prestation effectuée ». L’élu concerné doit, quant à lui, signer une déclaration sur l’honneur.

Comment bénéficier de la compensation ? 
Pour bénéficier de la compensation, la commune adresse, par courrier signé ou par voie dématérialisée, une demande à l'Agence de services et de paiement, qui assure la gestion administrative, technique et financière du dispositif de compensation pour le compte de l'État des remboursements auxquels a procédé la commune. La demande, détaille le décret, comporte obligatoirement « une copie de la délibération du conseil municipal », « les éléments nécessaires à l'Agence de services et de paiement pour procéder au remboursement de la commune, dont les éléments d'identification de la commune bénéficiaire, le montant total du remboursement à effectuer et les coordonnées de paiement sur lesquelles doit être effectué le remboursement », « un état récapitulatif visé par le comptable public de la commune et résumant par élu le montant des sommes effectivement remboursées par la commune, précisant les dates, horaires et lieu des réunions, le coût horaire de remboursement aux élus (respectant notamment le montant maximal fixé par l'article L. 2123-18-2, soit, par heure, le montant horaire du salaire minimum de croissance, 10,15 euros en 2020) et les dates de versement, ainsi qu'une attestation signée du maire certifiant la conformité du tableau aux conditions fixées à l'article D. 2123-22-4-A et à la délibération précitée ». À chaque fois, le remboursement couvre « au moins un semestre de dépense de la commune ».

Une demande à envoyer « dans un délai maximum d’un an à compter du défraiement des élus »
Il est à noter que « la demande de remboursement doit être envoyée au gestionnaire mentionné au premier alinéa dans un délai maximum d'un an à compter du défraiement des élus par la commune. À défaut, la demande de remboursement ne sera pas prise en charge par l'Agence de services et de paiement ».
En cas de contrôle par le gestionnaire, enfin, « la commune est tenue de conserver l'ensemble des pièces justificatives ayant fondé le remboursement des frais exposés par les élus ». « Ces pièces sont tenues à la disposition du gestionnaire et lui sont transmises sur simple demande dans un délai maximal de 60 jours ». Attention, l'absence de transmission de ces pièces peut avoir pour conséquence le reversement de la compensation octroyée par l'État dès lors qu'un ordre de recouvrer est émis par l'Agence de services et de paiement.

Une compensation estimée à 7 millions d'euros par an
Le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales estime, à ce stade, le coût de cette compensation par l’État aux communes de moins de 3500 habitants à 7 millions d’euros par an, montant qui a par ailleurs été provisionné en loi de finances pour 2020. « Le montant de la compensation a été calculé en considérant que, sur les 31 184 communes éligibles au dispositif, 10 % solliciteront une compensation par l’État et 7 % de leurs élus à raison de 22 heures par an (soit un coût estimé à 6 425 904 millions d’euros en hypothèse haute) », explique le Cnen. Toutefois, « si le collège des élus accueille très favorablement le dispositif de compensation mis en place en faveur des communes de moins de 3500 habitants par l’État concernant la prise en charge des frais de garde des élus municipaux, il craint que les coûts réels de gestion à la charge des collectivités territoriales ne viennent amputer de manière disproportionnée l’aide versée. » 
Ces coûts éventuels (contrôle des demandes de remboursement, envoi de la demande à l'ASP par courrier signé ou par voie dématérialisée), ne sont, selon eux, pas retracés dans la fiche d’impact élaborée par le ministère, ni présentés comme une contrainte supplémentaire à la charge des communes bénéficiaires de la compensation de l’État. « Ils estiment, à cet égard, que la réalisation d’une évaluation ex post du dispositif serait opportune afin de déterminer si les dépenses supplémentaires engagées par les communes de moins de 3 500 habitants, en termes de moyens techniques et humains, sont proportionnées au regard du montant de la compensation effectivement versée par l’État. »

Ludovic Galtier

Télécharger le décret.
Télécharger l'avis du Cnen.

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