Édition du lundi 9 février 2015


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Doubs : le PS, à l'arraché

Il n’est guère banal qu’un candidat remporte une élection et déclare, dans la foulée : « Le résultat qui est le nôtre ce soir ne me donne pas envie de pavoiser, de sourire ou de faire la fête ». C’est pourtant ce qui s’est passé hier soir dans la 4e circonscription du Doubs, où le candidat du PS, Frédéric Barbier, a été élu de justesse face à la candidate du Front national. Ce matin, bien que n’ayant pas remporté le siège laissé vacant par Pierre Moscovici, c’est bien le parti de Marine Le Pen qui pavoise : Florian Philippot a qualifié le score de sa candidate « d’excellent », et la candidate elle-même, Sophie Montel, a déclaré que son parti sortait « grand gagnant » de cette élection.
Certes, il y a quelques semaines, personne n’aurait parié sur la victoire de Frédéric Barbier, tant se sont enchaînées les défaites pour le PS à toutes les législatives, sans parler de la claque subie par le parti de François Hollande lors des municipales de mars dernier. Mais cette victoire somme toute inespérée a été ternie par le score historiquement élevé réalisé par le FN dans une circonscription ouvrière et traditionnellement ancrée à gauche. Hier, le PS l’a emporté avec 51,47 % des voix, contre 48,53 % pour la frontiste Sophie Montel. La comparaison avec les législatives de 2012 est intéressante : bien que tout le pays eût les yeux tournés vers le Doubs hier, cette partielle ayant des allures de test national, le candidat PS a fait 4 000 voix de moins qu’en 2012.
L’enseignement le plus importante de ce second tour est le très important report des voix UMP sur la candidate du Front national. En 2012, le second tour avait vu se dérouler une triangulaire PS/UMP/FN, ce deux derniers partis ayant réalisé 26 et 24 %. Hier, seul face au PS, le FN a récolté 48,53 %. Autrement dit, la grande majorité des électeurs de l’UMP a voté pour Sophie Montel, sans se préoccuper plus que cela de la guerre des chefs qui a fait rage toute la semaine à l’UMP parisienne, entre ceux qui prônaient le vote PS contre le Front national (Juppé, Kosciusko-Morizet), ceux qui rejetaient toute consigne de vote (Le Maire, Wauquiez, Guéant…) et un Nicolas Sarkozy qui a tenté de faire émerger une solution médiane, mais s’est retrouvé en minorité dans le parti dont il est président.
Dans les législatives précédentes, il n’est presque jamais arrivé que le FN s’approche autant de la victoire dans un duel à deux : les seuls députés actuels du mouvement de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, ont en effet été élus à la faveur de triangulaires. La seule à avoir fait aussi bien que Sophie Montel était, jusque-là, Marine Le Pen elle-même, battue d’un cheveu (49,9 contre 50,1) en 2012 dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Du Pas-de-Calais au Doubs – la 4e circonscription est celle qui abrite l’immense usine Peugeot de Sochaux-Montbéliard – les anciens bastions ouvriers sont aujourd’hui des terres d’élection pour le FN.
Après la poussée du FN aux municipales et sa victoire aux européennes, le résultat d’hier confirme la dynamique dans laquelle se trouve le parti des Le Pen. À quelques semaines des élections départementales, les états-majors des partis traditionnels ont tout lieu de craindre une entrée massive des élus frontistes dans les exécutifs départementaux.
F.L.

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