Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du mercredi 27 juin 2007
Urbanisme

Eau : l'espace urbain est-il né de la dernière pluie ?

A l'occasion de la 6ème conférence internationale Novatech sur les techniques et stratégies durables pour la gestion des eaux urbaines par temps de pluie (du 25 au 28 juin à Lyon), les spécialistes de la gestion des eaux de pluie ont fait le point des techniques les plus innovantes dans ce domaine. «Pendant 150 ans on a considéré l'eau de pluie comme une menace car elle risquait d'inonder la ville (...), depuis 20 ans on se dit que c'est une ressource», explique à l'AFP Bernard Chocat, président du comité scientifique de Novatech. Une ressource «en tant que matière» mais aussi «pour aménager l'espace». «C'est une façon de structurer la ville, de l'organiser autour d'espaces verts. On va construire un quartier autour d'un plan d'eau et organiser l'espace autour d'un relief», explique M. Chocat. D'où «une très forte participation de paysagistes, d'architectes, d'urbanistes qui sont en train de s'approprier les (nouvelles) techniques», se félicite-t-il. «Les gens qui continuent à utiliser les vieilles technologies pour gérer l'eau de pluie sont sur le mauvais versant car le sens de l'Histoire c'est de changer les modalités de gestion et utiliser les techniques alternatives», assure-t-il. Dans ce domaine, la «compétence lyonnaise» fait figure de «référence internationale». «Ce qui est spécifique à Lyon, c'est la volonté d'asseoir ce développement technologique sur un effort de recherche et des connaissances scientifiques solides», explique ce professeur à l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées). Parmi les technologies développées à Lyon: l'utilisation de filtres plantés de roseaux, sorte de marécage artificiel construit pour épurer l'eau. «Ce n'est plus un ouvrage au sens traditionnel, il faut rajouter de la biologie, de l'écologie car c'est un système vivant qui évolue, et de la sociologie - comment les gens acceptent ça en ville», souligne M. Chocat. «Avant, l'assainissement consistait à drainer des marécages, et là c'est complètement inverse, l'assainissement c'est reconstruire des marécages», observe-t-il. C'est, selon l'expert, «une révolution au sens propre, qui a commencé il y a 25 ans et a évolué par niches». Avec ses bassins d'eau pluviales traités comme des lacs d'agrément, la zone d'activité de la Porte des Alpes, près de Lyon, est un exemple de l'intégration des eaux pluviales dans la conception urbaine. Il n'y a pas de solution unique pour limiter les risques d'inondation et diminuer la pollution. Toitures végétalisées stockantes, chaussées à structures réservoir dans les villes sont autant de «technologies douces» pour y parvenir. Autre exemple de réalisation: dans le centre historique de Berlin, la gestion des eaux pluviales s'est faite sans réseau, avec des grands bassins minéraux ayant une fonction esthétique. «Ce sont des sculptures, selon M. Chocat, qui intègrent l'eau et ça joue un rôle bio-climatique: l'eau s'évapore après l'orage, elle absorbe de la chaleur et fait descendre la température de 3 à 4 degrés». Pour accéder au site de la conférence Novatech, voir lien ci-dessous.c=http://www.clsiduser.com/

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