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Édition du vendredi 12 janvier 2024
Société

Précarité étudiante : une nouvelle étude alerte sur les conditions de vie des jeunes

Logement dégradés, besoins alimentaires sacrifiés, impossibilité d'accéder aux loisirs : une nouvelle étude réalisée par la Fédération des associations générales étudiantes alerte sur le mal-être des étudiants en 2023.

Par Lucile Bonnin

Les étudiants sont une population qui a été durement touchée par l’inflation. En janvier 2023, les Restos du cœur indiquaient que 50 % des personnes servies avaient moins de 25 ans, et que c’était vraisemblablement une tendance de fond qui prend de l’ampleur depuis plusieurs années. 

Pour lutter contre la précarité étudiante, « les Crous (Centres régionaux des Œuvres Scolaires et Universitaires) sont des acteurs indispensables (…) [qui] assurent des missions essentielles : aides sociales, restauration, logement, culture… »  Mais ce réseau « et plus globalement les parties prenantes de l’enseignement supérieur assurent-ils suffisamment leurs missions pour garantir l'égalité des chances et le bien-être étudiant ? » 

La réponse semble être non, selon les résultats d’une enquête publiés hier par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). 

Des logements inaccessibles et insalubres 

Premièrement, l’offre en logements Crous n’est pas à la hauteur de la demande. En effet, « le réseau des œuvres dispose de 173 430 places en logement Crous en 2022-2023, pour 2,93 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, dont 675 420 boursiers » . Ainsi, selon les statistiques de la Fage, 37 % des personnes qui n’ont pas de logements Crous aimerait en avoir un. 

A contrario, 32 % des personnes qui ne disposent pas d’un logement Crous ne veulent pas y habiter en raison de l’état du bâti. Plusieurs témoignages évoquent en effet le manque d’isolation, la taille des chambres louées mais aussi de l’insalubrité avec la présence de nuisibles et la saleté des bâtiments. 

La Fage demande ainsi la rénovation de l’ensemble des résidences vétustes avec une réhabilitation des infrastructures mais aussi la construction de nouveau logements étudiants pour augmenter les capacités d’accueil. 

Quand se nourrir devient compliqué 

Les chiffres concernant l’alimentation sont les plus édifiants. 19 % des étudiants déclarent ne pas manger à leur faim et sautent en moyenne 3,5 repas par semaine. 49 % des étudiants n’ont pas non plus les moyens d’acheter des fruits et légumes frais pour la semaine. 

Cette situation déplorable existe et ce malgré l’existence des restaurants Crous. La Fage remarque cependant que « les étudiants boursiers sont 7 fois moins freinés par le prix dans l’accès à la restauration Crous »  et que « l'accès automatique au repas à 1€ permet un accès renforcé à des repas complets, de manière régulière » . Notons cependant que plus de 72 % des restaurants universitaires ne sont pas ouverts le soir et 85 % sont fermés le week-end. La Fage demande par conséquent l’ouverture des repas à 1 euro pour tous et l’ouverture des RU le soir et le week-end, « notamment le samedi ».

Enfin, au même titre que l’alimentation, la pratique de loisirs n’est pas accessible facilement à tous les étudiants et donc est relayée par beaucoup au second plan. 44 % des étudiants ne pratiquent pas de sport alors qu’ils sont 86 % à vouloir en faire. Prendre soin de sa santé a en effet un coût et les étudiants doivent souvent faire des choix entre payer leur loyer et investir dans la nourriture et les sorties. Ainsi, la Fage attend du gouvernement qu'il « tienne ses promesses et transforme structurellement notre système d’aides sociales étudiantes ».

Télécharger l’étude complète. 
 

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