Édition du vendredi 7 juin 2019


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Trottinettes électriques : une étude inédite esquisse le profil des utilisateurs

Alors que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé, hier, une série de mesures destinées à « en finir avec l’anarchie » générée par l’essor rapide et massif des trottinettes électriques dans la capitale (interdiction de stationner sur les trottoirs, lancement d’un appel d’offres pour réduire le nombre de sociétés exploitantes et vitesse des véhicules bridée), une étude inédite du bureau d’études 6-t, menée en partenariat avec l’Ademe, dévoile le profil des utilisateurs de ces véhicules en libre-service qui ont bouleversé les habitudes dans plusieurs grandes villes de l’Hexagone.
Déjà présentes à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Angers et Nantes, selon l’étude, ces offres de trottinettes en free-floating (en libre-service et sans station) soulèvent de multiples enjeux, qui peuvent particulièrement intéresser les élus locaux, « aussi bien en termes de partage de la voirie et d’occupation de l’espace public que de prise en compte et de régulation de ce nouveau mode », rappelle le bureau de recherche.

Des cadres aisés et des étudiants
Alors qui sont les utilisateurs de ces trottinettes qui font tant grincer des dents ? En majorité, ce sont des hommes (66 %), assez jeunes (36 ans en moyenne) et qui présentent des niveaux de vie globalement plus élevés que la population française prise dans son ensemble. Alors que les étudiants représentent 19 % des usagers locaux, 53 % des actifs qui utilisent ce mode de déplacement sont des cadres. A noter que 42 % de ces usagers sont des touristes ou des visiteurs (33 % sont étrangers).
Parmi les usagers locaux, 38 % louent une trottinette une fois par semaine et 42 % jusqu’à trois fois par mois. Ils ne sont que 7 % à le faire de manière intensive, tous les jours. « Cette solution se trouve intégrée dans leurs pratiques modales quotidiennes et dans leurs stratégies de mobilité. Ils y recourent fréquemment pour des déplacements professionnels ou domicile-travail », notent les auteurs de l’étude.
S’ils sont attirés par l’aspect ludique, les usagers sont retenus par le caractère pratique et l’efficacité du service, le free-floating offrant la possibilité de ne pas s’encombrer et de gagner du temps. En revanche, l’absence de disponibilité à proximité, le prix et le sentiment d’insécurité sont les principaux freins à l’utilisation des trottinettes.

Plus de règlementation entraînerait moins d’utilisation
Si les usagers privilégient les pistes et les bandes cyclables (44 %) qu’ils réclament à 82 %, ils sont toutefois 35 % à circuler sur la chaussée et 19 % sur les trottoirs. A noter que 10 % des trajets sont réalisés à plusieurs sur une même trottinette.
La mise en place de règlementation entraînerait immédiatement la diminution de l’usage des trottinettes, révèle l’étude, selon différents facteurs : obligation du port du casque (diminution de la fréquence pour 71 % des usagers), limitation de la vitesse à 15 km/h (pour 58 % des usagers), obligation de stationner sur des emplacements dédiés (pour 63 % des usagers), port d’un brassard luminescent la nuit (pour 37 % des usagers) et interdiction de circuler sur les trottoirs (pour 41 % des usagers).

Impact « marginal » sur les autres services de transport
Bien que son développement ait été rapide et massif, la trottinette n’a, semble-t-il, quasiment aucun impact sur les autres services de mobilité puisque « les usagers déclarant une évolution à la baisse de leur recours à la marche et aux transports en commun sont minoritaires ». A Paris, cet impact est même « extrêmement marginal ».
« Ces pratiques font apparaître la trottinette électrique en free-floating comme une option supplémentaire venant enrichir l’offre de mobilité et donnant aux usagers la possibilité de développer des pratiques plus multimodales », constatent les auteurs de l’étude.
Ainsi, 23 % des trajets effectués à trottinette électrique sont des trajets intermodaux, combinant les deux modes de déplacement. Il s’agit alors des transports en commun dans 66 % des cas et de la marche dans 19 % des cas. Autre possibilité : 44 % des usagers ont utilisé la trottinette pour leur dernier trajet uniquement pour l’aller, en effectuant le retour avec un autre mode (ou inversement).
Par ailleurs, l’étude juge que « l’utilisation de services de trottinettes en free-floating n’a pas d’impact en termes de démotorisation, trottinettes et voitures ou scooters ne répondant pas aux mêmes usages ».
A.W.

Accéder à l’étude.
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