Édition du vendredi 6 janvier 2017


Imprimer Imprimer

Les cars libéralisés ont trouvé un nouveau public

L’Arafer (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières) publie ce matin la première étude de terrain sur les usagers des nouvelles lignes d’autocars dits « Macron ». Avec plusieurs enseignements à la clé, notamment celui-ci : l’émergence de ce nouveau service a créé une nouvelle clientèle pour le transport, qui n’aurait pas voyagé dans d’autres conditions.
Cette enquête a été réalisée auprès de 1500 personnes ayant pris un autocar entre octobre et décembre 2016.
L’enquête révèle d’abord que la clientèle des cars en SLO (services librement organisés) est jeune : 48 % des utilisateurs ont moins de 40 ans (34 % dans la population française). Et la clientèle étudiante est surreprésentée chez les usagers de ces cars (19 % contre 5 % d’étudiants dans la population). À l’inverse, logiquement, les retraités sont sous-représentés, avec 18 % d’usagers de cars Macron contre 32 % dans la population. Cette surreprésentation de la jeunesse se retrouve dans le mode d’achat des billets : à plus de 97 %, ceux-ci sont vendus par internet. Mais « ceci résulte également du choix initialement fait par les opérateurs de se développer commercialement grâce au numérique, indépendamment de leur éventuel réseau de points de vente », note l’Arafer.
En dehors des étudiants, les cars SLO sont utilisés majoritairement par des personnes ayant des revenus faibles : 62 % des utilisateurs déclarent moins de 2 000 euros net de revenu mensuel. Sans surprise, ces cars sont très peu utilisés pour des déplacements professionnels (10 % des usages) mais essentiellement pour des déplacements de loisir : visite à des proches (61 %), week-end ou vacances (19 %).
En dehors de ces données sociologiques, l’Arafer s’est penchée sur les motivations des voyageurs. Donnée la plus parlante : 17 % des clients disent qu’ils n’auraient pas voyagé si ce nouveau mode n’existait pas. Cela représente 900 000 déplacements qui n’auraient pas eu lieu en 2016 sur les 5,2 millions qui se sont faits en cars SLO. En l’absence de ces cars toujours, 25 % des usagers auraient covoituré, 29 % auraient pris le train, 19 % une voiture individuelle. C’est donc, selon l’Arafer, un million de déplacements en voiture individuelle qui ont été évités. Cette tendance est plus marquée pour ce qui concerne les voyages de longue distance : sur les trajets de plus de 250 km, seuls 12 % des clients auraient utilisé une voiture individuelle.
L’étude montre aussi que chez les étudiants et les jeunes en général, le covoiturage est aujourd’hui très largement populaire : en l’absence d’autocars, ce sont 38 % des étudiants qui auraient opté pour le covoiturage (contre 17 % des retraités par exemple). Ce plébiscite du car SLO et du covoiturage est naturellement une question de prix, et que les utilisateurs sacrifient d’autres avantages (confort, ponctualité, rapidité) pour économiser de l’argent. Moins de 25 % des utilisateurs jugent le car plus fiable que le train en termes de fiabilité des horaires… mais plus de 80 % le jugent moins cher.
F.L.
Télécharger l’enquête.
Édition du vendredi 6 janvier 2017 image
Abonnez-vous
à la newsletter

Quotidien   Hebdomadaire
Rechercher par dossiers
Retrouvez tous les articles depuis 2002 classés par rubriques

Organisation, Gestion Communale

Finances et fiscalités locales

Territoires

Environnement, développement durable

Urbanisme, Habitat, Logement

Action sociale, Emploi, Santé

Education jeunesse

Culture, Sports et loisirs

Europe International

Etat, Administration centrale, Elections

Juridique

Rechercher par calendrier
Retrouvez une édition par date :
Maires de France