Édition du mercredi 21 septembre 2016


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L'Ademe veut relancer le covoiturage courte distance

L’Ademe a publié début septembre un guide méthodologique sur le covoiturage courte et moyenne distance à destination des collectivités et des entreprises. Si le covoiturage longue distance (plus de 80 km) s’est beaucoup développé ces dernières années à l’initiative de quelques acteurs privés, le covoiturage de proximité, porté par des acteurs publics, tarde à décoller. Or, l’Ademe estime que dans le contexte de la transition énergétique, le covoiturage reste une solution « pertinente, économique et efficace » pour atténuer l’impact environnemental de l’automobile dans les zones rurales et périurbaines, là où la densité de population est trop faible pour mettre en place une offre de transports collectifs performante.
Si le covoiturage n’est pas une idée nouvelle, force est de constater que le bilan des plateformes mises en place ces dernières années – essentiellement par des acteurs publics – est très mitigé. Le guide note ainsi que « sur la plupart des plateformes publiques, on ne relève que 20 % à 30 % des inscrits qui covoiturent effectivement ». Les plateformes ont des difficultés à atteindre une masse critique ce qui décourage les usagers d’y recourir faute d’une offre ou une demande suffisante. L’Ademe note aussi que contrairement au covoiturage longue distance, l’avantage économique du covoiturage courte distance est moindre, alors que les contraintes (détours, attente, incertitude sur le retour…) sont perçues comme importantes par les usagers. Des inconvénients contrebalancés par les bénéfices sociaux et environnementaux et l’émergence d’une culture du covoiturage grâce à la banalisation des offres longue distance.
La nouvelle répartition des compétences entre les différents niveaux de collectivité - le département perdant notamment ses compétentes en matière de transport au bénéfice des régions et des intercommunalités - impose cependant de revoir l’organisation de l’offre existante. Le guide invite régions et intercommunalités à travailler ensemble en mutualisant ce qui peut l’être et en particulier la plateforme de mise en relation et les outils de promotion du covoiturage. Il invite aussi à se concentrer sur les trajets domicile-travail et domicile-étude, qui représentent près d’un tiers des déplacements quotidiens et où des pratiques de covoiturage informelles préexistent.
Le guide propose enfin des conseils pratiques pour relancer le covoiturage. Les outils numériques – site internet, application pour smartphone, panneaux de signalisation dynamique – contribuent ainsi à faciliter la mise en relation des covoitureurs. Les plateformes ne sont cependant pas la seule solution et l’Ademe souligne le succès de certaines initiatives de covoiturage « spontané », reposant sur des aires dédiées, comme Rezopouce Midi-Pyrénées. L’Ademe insiste surtout sur la communication autour de ce service. Sa matérialisation sur le territoire, via les aires de covoiturage ou des voies réservées, est ainsi essentielle et l’agence propose aux communes des conseils sur la localisation des aires et leur aménagement. Le rôle moteur que peuvent avoir les entreprises dans la pratique du covoiturage doit enfin inciter les collectivités à travailler en lien étroit avec les acteurs économiques de leur territoire pour organiser des campagnes de communication communes, notamment auprès des salariés des zones d’activité.
O.D.
Télécharger le guide.

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