Édition du Vendredi 23 février 2018


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Grand Paris Express : des retards sur certains tronçons et des économies à trouver

Edouard Philippe a annoncé hier des retards importants sur certains tronçons du futur métro du Grand Paris et a dit viser une réduction du coût d'environ 10 %, même s'il a assuré que l'ensemble serait achevé comme prévu en 2030.
Exprimant sa volonté de « rendre totalement irréversible » le projet, le Premier ministre a souligné « la nécessité de le recaler, de lisser la réalisation de certains tronçons, de les prioriser, pour en assurer la réalisation dans des délais réalistes ».
Le Grand Paris Express comprend quatre lignes nouvelles de métro automatique, numérotées de 15 à 18, ainsi que des prolongements de la ligne 14. S'articulant autour d'une ligne circulaire, plusieurs branches doivent relier les aéroports d'Orly et Roissy-Charles de Gaulle, le pôle scientifique de Saclay et des quartiers sensibles de Seine-Saint-Denis, comme Clichy-sous-Bois ou Montfermeil.
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a de son côté tenu à rassurer les habitants de Clichy-Montfermeil, épicentre des émeutes urbaines de 2005, qui auront bien leur métro en 2024. La ministre a aussi confirmé les prolongements de la ligne 14 au nord et au sud --de Saint-Denis Pleyel à l'aéroport d'Orly, via Paris-- et le tronc commun des lignes 16 et 17 de Pleyel au Bourget RER, lancés au début du mois. Ces prolongements sont stratégiques pour les jeux Olympiques de 2024, le village olympique devant être construit à Pleyel, et devraient donc être prêts à temps.
Elisabeth Borne a ajouté que le Grand Paris Express pourrait également aller à cette échéance jusqu'à l'aéroport du Bourget --où doit s'installer le centre des médias des JO-- si cela est « techniquement possible ». En revanche, Saclay est le grand perdant de l'arbitrage gouvernemental. Le Grand Paris Express n'y arrivera qu'en 2027, avec trois ans de retard. Les autres tronçons devraient prendre jusqu'à six ans de retard.
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a aussitôt réagi, estimant que ces retards vont « porter atteinte à un grand nombre de projets phares pour la région et pour la France ». Dans un communiqué, Valérie Pécresse annonce qu’elle va réunir « tous les présidents de départements franciliens concernés afin d'explorer avec eux toutes les pistes qui permettraient d'accélérer la réalisation des lignes du Grand Paris Express », et étudier des modes de transport alternatifs.
Edouard Philippe a précisé qu'il visait « une optimisation de l'ordre de 10 % » soit 3,5 milliards d'économies sur une facture de 35 milliards, d'autant que quatre gares d'interconnexion avec le RER n'ont pas encore été financées. S'il compte donner plus de moyens à la SGP, il a également annoncé le prochain départ du président de son directoire Philippe Yvin.
Une commission présidée par le député Gilles Carrez sera par ailleurs chargée de trouver des ressources supplémentaires pour financer les travaux. La Cour des Comptes avait vertement critiqué dans un récent rapport le manque d'expertise technique et financière de la SGP, s'inquiétant d'une « trajectoire financière non maîtrisée » et craignant que sa dette ne devienne incontrôlable. (AFP)
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