Édition du mercredi 12 novembre 2014


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Brétigny : un rapport dénonce la baisse des effectifs à la SNCF

Un nouveau rapport va être présenté aujourd’hui sur les causes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, qui avait fait sept morts et près de 200 blessés le 12 juillet 2013. Ce rapport, commandé par le CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail) de la SNCF et réalisé par un cabinet indépendant, semble accabler encore un peu plus l’entreprise, déjà mise en examen dans cette affaire depuis le mois de septembre (lire Maire info du 19 septembre).
Selon France info, qui publie ce matin des extraits du rapport, les experts dénoncent en particulier la baisse massive du nombre de salariés à la SNCF – dont, naturellement, ceux qui sont chargés du contrôle et de la maintenance des installations. Rappelons que selon un précédent rapport d’experts, c’est l’état des appareils de voie (« dans un état de délabrement jamais vu par ailleurs ») qui a provoqué le déraillement du Paris-Limoges, lorsqu’une pièce métallique reliant deux rails s’est détachée et est venue se coincer dans un mécanisme d’aiguillage.
Ce que contient le rapport présenté aujourd’hui, ce sont entre autres de nouvelles données chiffrées sur les effectifs dédiés à la surveillance des voies. « Sur le secteur de Brétigny 1, autrement dit la zone dans laquelle s’est produit l’accident, il y avait, en dehors de l’encadrement, 16 agents chargés de la surveillance en l’an 2000 selon le rapport. Et ils n’étaient plus que 8 en 2012. Soit une diminution de moitié », relaye France info. Et à l’échelle du département, les effectifs chargés de la surveillance sont passés, en trente ans, de « 150 à 44 », c’est-à-dire qu’ils ont été divisés par 3,4.
Ces chiffres sont cohérents avec ceux des effectifs globaux de l’entreprise. De gel des embauches en non-remplacement des départs en retraite, les effectifs de la SNCF sont passés de plus de 250 000 au début des années 1980 à moins de 150 000 aujourd’hui. Et les seules dix dernières années (2003-2013) ont vu disparaître 10 000 emplois chez le transporteur.
Plusieurs extraits de ce rapport avaient déjà circulé dans la presse spécialisée à la fin du mois d’octobre, avec, déjà, un constat sans concession des conséquences de la baisse des effectifs à la SNCF : « Déficiences de l’organisation, recul des compétences, organisation déformée par la production dans l’urgence ». Et, de surcroît, un allongement impressionnant des délais d’intervention : le rapport signale que l’aiguillage sur lequel s’est produit le déraillement de Brétigny-sur-Orge avait été « identifié comme devant être remplacé » en 2011. Mais que le calendrier des travaux prévoyait son remplacement… en 2016. Les experts « s’étonnent » d’un tel délai, en particulier dans une zone de trafic extrêmement dense, et sur une portion de voie où circulent à la fois des trains de banlieue et des trains grandes lignes rapides.
La parution de ce rapport ne va pas manquer d’alimenter le débat sur la diminution de la qualité des services publics induite par des années de politique de rigueur.
F.L.
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