Édition du mercredi 18 décembre 2013


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Baisse de la vitesse sur le périphérique parisien : un signal de l'État ?

L’annonce par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, de l’abaissement de la vitesse maximale sur le périphérique parisien de 80 km/h à 70 km/h, dès janvier prochain, est une information moins locale qu’il n’y paraît. Cette décision ne relève en effet pas des élus parisiens, mais bien de l’État : elle fera l’objet d’un décret signé par trois ministres (Intérieur, Transport et Écologie), qui sera examiné en Conseil d’État début janvier, pour une modification du Code de la route qui devrait intervenir quelques semaines plus tard. Au moment où d’âpres débats ont lieu sur la nécessité d’un abaissement de la vitesse sur les autoroutes ou les voies rapides, cette décision apparaît donc comme une prise de position, de fait, de l’État, en faveur d’une vitesse toujours plus limitée.
Elle est pourtant loin de faire l’unanimité : élus de l’opposition municipale, associations de défense des automobilistes, et jusqu’à la porte-parole de la Ligue contre la violence routière, assurent que cet abaissement de la vitesse de 10 km/h n’aura pas de répercussions sur l’accidentologie : le périphérique parisien est déjà devenu une route sûre, depuis l’installation des radars, le nombre de morts y ayant été divisé par cinq. Nombre de commentateurs soulignent également que la vitesse moyenne sur le périphérique étant de 37 km/h, la mesure n’aura guère d’effet aux heures de pointe.
L’un des arguments du gouvernement et du maire de Paris est la réduction du bruit et de la pollution. Mais pour les détracteurs de la mesure, la réduction sonore (d’un décibel) est dérisoire par rapport aux résultats spectaculaires amenés par un changement de revêtement de la voirie : testé sur quelques centaines de mètres du périphérique depuis l’été dernier, ce nouveau revêtement réduit le bruit de 7 décibels.
Quant à la pollution, elle pose de tout autres questions. Hasard du calendrier, c’est aujourd’hui que se réunit le premier Ciqa (Comité interministériel de la qualité de l’air), qui regroupe neuf ministères et les représentants de onze grandes agglomérations dont Paris, Lyon, Strasbourg, Lille ou Marseille. Ce Ciqa doit plancher sur une question susceptible d’avoir nettement plus d’influence sur la pollution qu’une réduction de 10 km/h de la vitesse : l’interdiction de l’accès dans les grandes villes des véhicules les plus polluants. Cette mesure est défendue par plusieurs maires de grandes villes – dont Bertrand Delanoë – mais elle pose pour l’instant des problèmes techniques non résolus. Le Ciqa qui se réunit aujourd’hui doit étudier plusieurs solutions techniques proposées par le ministère de l’Écologie, dont la détection par un système de géolocalisation. Les portiques écotaxe installés sur le périphérique et aux abords d’autres grandes villes y trouveront peut-être demain, qui sait, un nouvel usage ?
F.L.
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