Édition du Wednesday 21 mai 2014


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Pierre Jarlier : « Le Cerema, un interlocuteur unique aux compétences très variées »

Pierre Jarlier, sénateur-maire de Saint-Flour et vice-président de l’AMF, a été élu président du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), le nouvel établissement de l’État qui réunit en un seul organisme le Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) et les huit Cete (Centres d'études techniques de l'équipement). Pour lui, ce nouvel organisme permettra de donner une réponse « transversale » aux questions des collectivités en matière d’ingénierie. Qu'un maire en ait été élu à la présidence est, pour Pierre Jarlier, est « un gage fort donné aux collectivités ».

Le Cerema a été défini dès sa création par son directeur général, Bernard Larrouturou, comme un outil au service des collectivités. Pourquoi ?
Ce nouvel établissement public va permettre de proposer une offre d’ingénierie globale, regroupant de nombreuses compétences au service des acteurs publics (collectivités et services de l'État). Les anciens organismes – les Cete, le Certu – se regroupent pour avoir une vraie capacité d’intervention. Cela permettra une approche beaucoup plus transversale, et c’est important pour les collectivités, car le besoin en ingénierie est de plus en plus diversifié : tous les sujets auxquels s’intéresse le Cerema (mobilité, risques, environnement, aménagement) sont interdépendants, ont des incidences les uns sur les autres. Lorsque l’on parle de mobilité, aujourd’hui, on parle aussi de services, d’économies d’énergie, d’urbanisme, etc. Le fait que le Cerema puisse rassembler toutes les compétences nécessaires à cette approche globale de l’ingénierie territoriale me semble tout à fait d’actualité.
De plus, avec l’évolution des textes réglementaires qui s’imposent aux collectivités, il faut des compétences de plus en plus pointues et diversifiées. Le Cerema sera en mesure d’apporter un vrai service dans ce sens.

Le Cerema est très décentralisé : son siège est situé près de Lyon, et il dispose de plusieurs délégations interrégionales. En quoi est-ce utile ?
C’est un point très important : l’État doit disposer d’un outil d’ingénierie qui permette de décliner la politique nationale d’aménagement durable au sein des territoires. Il faut une certaine proximité dans l’approche de l’ingénierie. Grâce à ses délégations interrégionales, le Cerema peut organiser un maillage du territoire permettant d’apporter des réponses aux collectivités et aux services de l’État.

Le Cerema est né officiellement le 1er janvier, c’est-à-dire le jour même où ont disparu les services de l’Atesat. Le Cerema va-t-il pallier la disparition de l’Atesat ?
Nous vivons aujourd’hui dans une France qui est, en matière d’ingénierie, à deux vitesses. La nouvelle donne que j’évoquais, c’est-à-dire le caractère transversal des questions d’ingénierie, s’impose à tout le monde. Pourtant, les territoires sont dans des situations extrêmement différentes : d’un côté, il y a les grandes agglomérations qui ont leurs propres structures d’ingénierie, voire d’agences d’urbanisme. De l’autre, il y a les territoires ruraux à qui les services de l’Atesat rendaient d’indispensables services en matière d’ingénierie locale. Ces territoires sont aujourd’hui face à une vraie difficulté pour mettre en œuvre leurs actions en matière de planification et d’aménagement durable du territoire. Au Cerema, nous devons réfléchir à la façon de répondre à cette nécessaire présence dans les territoires. Mais ce qui est intéressant, c’est que lorsqu’une collectivité fera appel au Cerema, elle bénéficiera d’une expertise beaucoup plus transversale qu’auparavant, elle aura un interlocuteur unique aux compétences très variées. C’est une véritable plus-value.

Que signifie la nomination de l’élu local que vous êtes à la présidence du Cerema ?
Il y a là, véritablement, une nouvelle forme de gouvernance qui me paraît aller dans le bon sens. Elle permettra en effet aux collectivités d’être étroitement associées à la mise en œuvre des politiques de l’État en matière d’ingénierie stratégique. Il y a au conseil d’administration du Cerema à la fois des représentants des ministères, mais également de toutes les collectivités territoriales et des EPCI, sans compter des représentants des personnels. À travers cette gouvernance partagée, il va se mener un travail très intéressant de construction de projets, de façon à mieux répondre aux attentes des collectivités. La nomination d’un maire à la présidence du Cerema est un gage fort donné aux collectivités. Cette gouvernance partagée était d’ailleurs à une demande forte de l’AMF et des autres associations d’élus. L’AMF a beaucoup œuvré pour faire progresser l’idée qu’il y ait, au sein de cette nouvelle structure, une juste représentation des collectivités. Cette demande a été entendue, et il y a lieu de s’en féliciter.

Propos recueillis par Franck Lemarc
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