Édition du vendredi 26 juin 2015


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Coup de colère d'élus locaux contre la SNCF

C’est plus qu’un symbole : quand Jacques Auxiette claque la porte du conseil d’administration de SNCF-Réseau, c’est le signe d’un profond malaise entre les élus et la branche de la SNCF qui a remplacé RFF. Jacques Auxiette n’est en effet pas seulement président de la région Pays-de-la-Loire : il est aussi l’ancien patron du Gart et l’actuel président de la commission transports de l’association des régions de France.
C’est une annonce de la SNCF qui a mis le feu aux poudres : à moins de 15 jours de la réouverture de la ligne ferroviaire Nantes – Pornic, prévue au 1er juillet, la SNCF a prévenu les collectivités concernées que cette ouverture était reportée « de nombreuses semaines », sans doute à la rentrée. En cause : « De graves problèmes dans la conduite du chantier ». Réunis mercredi à la suite de cette annonce, Jacques Auxiette et les maires des communes concernées ont dit leur « stupéfaction » et leur « colère ». Loin d’être accessoire, la ligne en question concerne un million de voyageurs par an, pas seulement des touristes mais également de nombreux salariés. Et Jacques Auxiette ne décolère pas, dénonçant « la désinvolture, le mépris et l’incompétence des responsables de ce chantier. Désinvolture à l’égard des habitants et des voyageurs qui peuvent encore aujourd’hui réserver des billets pour des trains qui, donc, ne circuleront pas. Mépris à l’égard des territoires et des élus locaux qui ont pris, eux, leurs responsabilités en finançant le service public de transport ferroviaire en Loire-Atlantique et Vendée. Il semblerait que pour bénéficier de l’attention des dirigeants de la SNCF, il vaille mieux être sur une ligne au départ de Paris ou mieux encore sur une ligne à grande vitesse. Incompétence, enfin, car si le savoir-faire des techniciens et ouvriers qui interviennent sur le chantier ne sont pas en cause, l’absence de pilotage du chantier et de toute performance industrielle, sont inacceptables. »
Le président de la région a annoncé que les versements financiers de sa collectivité à la SNCF étaient « immédiatement suspendus » et qu’il allait déposer une plainte pour faire reconnaître « le préjudice subi par le territoire ». C’est dans la foulée qu’il a également expliqué sa démission du conseil d’administration de SNCF-Réseau : « Je ne me vois pas continuer à siéger dans une instance d’une entreprise qui ne semble pas évoluer dans le sens d’une meilleure performance au service des usagers. »
Cette crise intervient au moment où aux quatre coins du pays, des élus locaux dénoncent le risque de démantèlement du réseau Intercité (lire Maire info du 27 mai), et où les régions ont tout à craindre, pour les réseaux de TER qu’elles financent, de la très prochaine arrivée sur le marché du transport des autocars, qui leur feront une concurrence frontale (lire Maire info du 11 juin).
F.L.
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