Édition du Lundi 26 mars 2018


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Une petite commune à son tour touchée par le terrorisme

« Nous vivons dans une petite bourgade et nous sommes tous convaincus que ces atrocités ne se passent jamais chez nous »… Les mots du maire de Trèbes, Éric Ménassi, samedi, reflètent la stupeur des élus devant des attaques qui peuvent frapper aussi bien des métropoles – Paris, Nice… – que des communes de petite taille. Après Saint-Quentin-Fallavier en juin 2015, où un terroriste avait tenté de faire sauter une usine chimique, c’est une autre commune de 6 000 habitants qui a été frappée vendredi dans l’Aude, au cours d’une série d’attaque qui ont été revendiquées par Daesh.
Le bilan des attaques de vendredi, à Carcassonne puis à Trèbes, s’établit aujourd’hui à quatre morts et quinze blessés. Les victimes décédées sont un automobiliste de Carcassonne, Jean Mazières, viticulteur de 62 ans ; Hervé Sosna, un ouvrier retraité de 65 ans, client du magasin Super U de Trèbes ; Christian Medves, 50 ans, employé du magasin ; et le gendarme Arnaud Beltrame, qui avait pris la place d’une otage, et est mort samedi matin des suites de ses blessures.
L’auteur des faits, Radouane Lakdim, qui a été tué par les forces d’intervention lors de l’assaut du supermarché, avait 25 ans. « Petit délinquant » déjà incarcéré pour des faits de droit commun, selon le ministre de l’Intérieur, Radouane Lakdim était originaire de la cité Ozanam de Carcassonne. En 2014, il avait été repéré et fiché par les services de renseignement. Selon les propos de Gérard Collomb, le jeune homme ne présentait pas de signes selon lesquels il pourrait passer à l’acte. Ce matin, on apprend que sa compagne de 18 ans, actuellement en garde à vue, est également fichée.
Le bilan de ces attaques est dramatique, mais plusieurs experts ont noté qu’il aurait pu être bien plus lourd encore sans l’intervention rapide de forces d’intervention « décentralisées ». Il s’agit de dispositifs mis en place après les attentats de 2015, a expliqué hier l’ancien député Georges Fenech, qui a été président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre 2015 : la création des équipes Psig-Sabre, « formées par le GIGN », a permis « une intervention rapide, immédiate, sans attendre l’arrivée des forces d’élite de Paris ». Ces équipes « Sabre », au nombre de 150, sont des formations spéciales du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) créées et formées depuis deux ans. Le site du ministère des Armées explique qu’elles sont précisément destinées à « renforcer l’efficience du maillage territorial en termes d’intervention intermédiaire afin de permettre une projection rapide sur une tuerie de masse perpétrée en tout point du territoire ».
Le schéma national d'intervention, adopté en 2015, se décline à présent sur trois niveaux : d'abord l'intervention d'une patrouille de gendarmerie dite « primo-intervenante », puis celle d'une équipe Psig-Sabre, et enfin l'intervention spécialisée du GIGN – dont l'antenne de Toulouse, vendredi, a mené l'assaut contre le terroriste de Trèbes.
Ces attentats ont également relancé le débat sur le suivi des individus fichés S et sur l’extrême difficulté de repérer parmi eux – ils sont presque 20 000 – ceux qui risquent de passer réellement à l’acte. Rappelons que le gouvernement a présenté, le 23 février dernier, un plan de prévention de la radicalisation qui mise notamment sur le rôle des collectivités locales (lire Maire info du 26 février). Ce plan vise entre autres à améliorer l’échange d’informations entre les maires et les services de l’État et incite les élus à nommer des « référents » dans cet objectif. Le plan propose également, sans donner encore davantage de précisions, de « développer l’implication des collectivités territoriales dans les prises en charge des personnes présentant des signes de radicalisation ».
Un hommage national sera prochainement rendu au lieutenant-colonel Beltrame, sans qu’on en connaisse encore la date. Hier, la commune d’Alès, dans le Gard, a déjà fait savoir qu’elle allait, le jour de cet hommage, rebaptiser un square du nom de l’officier, afin de perpétuer « le nom d’un homme qui a donné sa vie pour celle des autres ».
F.L.
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