Édition du mercredi 8 avril 2015


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Montée de la grogne chez les CRS épuisés par Vigipirate

Les CRS n’en peuvent plus. Deux mois tout juste après les attentats des 7 et 9 janvier à Paris, plusieurs compagnies de CRS (au moins celles de Toulouse, Lyon et Nancy) se sont mises collectivement en arrêt maladie, pour protester contre des conditions de travail jugées insupportables.
Au lendemain des attentats, le plan Vigipirate était relevé à son niveau maximum : plus de 10 000 militaires étaient affectés à la surveillance des lieux sensibles (synagogues, mosquées et organes de presse notamment), tandis qu’un millier de CRS étaient mobilisés pour les mêmes tâches. Le niveau « alerte attentat » a été prolongé jusqu’au 10 avril en Ile-de-France et dans les Alpes-Maritimes, et il devrait l’être pendant plusieurs mois encore.
Sauf que les CRS, en sous-effectif notoire selon leurs représentants syndicaux, ne peuvent assurer ces missions qu’à coup d’heures supplémentaires. Un syndicaliste de la région Est explique ce matin qu’en deux mois, les CRS ont déjà passé en moyenne « huit week-ends en déplacement ». Beaucoup des lieux à surveiller étant les sièges des médias, à Paris, de nombreuses compagnies doivent envoyer des effectifs dans la capitale, parfois pour quelques heures. « Quand vous êtes devant un média avec un gilet pare-balles sur le dos de minuit à 6 heures du matin, ou de 22h à 4 heures, et que vous recommencez dès le lendemain à 13 heures, les organismes n'en peuvent plus », poursuit le militant syndical. « Un emploi incessant, plus de vie familiale… ce n’est pas un refus de travailler, c’est un mal-être ».
Même sentiment chez le responsable d’Unité police SGP-FO, Nicolas Comte, qui pointe « un ras-le-bol » profond à cause du « suremploi ». « Les hommes se disent épuisés et très inquiets sur les possibilités de tenir à long et moyen terme à ce rythme », ajoute Nicolas Comte, qui rappelle par ailleurs que les CRS ont été « les plus touchées » par les suppressions d’emplois dans la police entre 2008 et 2012.
Les CRS n’ayant pas le droit de grève, leur seul moyen de protester est l’arrêt-maladie. Dans toute la France, les informations font état d’une explosion de ces arrêts dans les compagnies. Avec pour conséquence une modification des plans de surveillance. En ce moment par exemple, à Paris, alors que des hommes doivent normalement être postés en permanence devant le siège des grands médias, la compagnie de CRS du Rhône n’a plus les effectifs suffisants pour le faire. Résultat : les hommes patrouillent devant plusieurs rédactions dans la journée, faute de mieux.
Conscient de la crise, le ministre de l’Intérieur a reçu les représentants des CRS place Beauvau le 30 mars dernier, pour discuter notamment d'une augmentation de la prime de déplacement. Mais cela ne suffira sans doute pas à calmer la grogne. Un CRS d’une caserne du Nord prévenait, hier, dans le journal La Voix du Nord : « Nous prévoyons d’autres actions. On est disciplinés, mais trop, c’est trop. »
F.L.
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