Édition du Wednesday 12 décembre 2018


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Après la fusillade de Strasbourg, le plan Vigipirate rehaussé au niveau maximal

La question du terrorisme semble avoir douloureusement resurgi dans le débat public, hier soir, après une fusillade qui aurait fait trois morts et 13 blessés graves aux alentours du marché de Noël de Strasbourg. Le gouvernement incite cependant à la prudence, estimant que la motivation terroriste de l’assassin n’était pas encore « clairement établie ». En attendant, le plan Vigipirate est passé au niveau maximal, « urgence attentat ».

Ce que l’on sait des faits
À l’heure où nous écrivons, le tireur n’a toujours pas été appréhendé. Il s’agit d’un homme de 29 ans, connu des services de police pour des faits de droit commun, mais également repéré pour radicalisation islamiste après un séjour en prison. L’homme a ouvert le feu peu avant 20 heures aux abords du marché de Noël le plus fréquenté du pays, tuant au moins trois personnes (dont au moins un touriste étranger). Six des blessés graves sont « en urgence absolue », selon le ministère de l’Intérieur. Les autorités ont placé tout le périmètre en confinement – confinement qui a été levé vers 2 heures du matin. Poursuivi par les policiers et les militaires de la mission Sentinelle, blessé, le tireur s’est semble-t-il réfugié dans le quartier du Neuhof, où un échange de coups de feu a encore eu lieu, plus tard dans la soirée. Mais l’homme est à présent introuvable.
Ce matin, la mairie de Strasbourg a annoncé que les écoles maternelles et élémentaires de la ville étaient bien ouvertes et les enfants accueillis, mais que les cours étaient remplacés par des séances de discussion avec les professeurs. Les parents qui le souhaitent peuvent également garder leurs enfants à la maison.
Le préfet du Bas-Rhin a annoncé, dans la nuit, qu’un arrêté était pris pour interdire toutes les manifestations prévues aujourd’hui, « pour permettre aux forces de l'ordre de se mobiliser totalement » dans la recherche du tireur.

Plan « urgence attentat »
La qualification de cet acte comme attentat terroriste fait débat – visiblement au sein même du gouvernement. Ce matin, la ministre de la Justice Nicole Belloubet, a déclaré sur Public Sénat que « à partir du moment où la section antiterroriste du parquet de Paris est saisie, on peut parler d’attentat ». La Garde des sceaux a également déclaré, hier, que dans ce contexte il conviendrait que le mouvement des Gilets jaunes « cesse ».
Mais ce matin également, le secrétaire d'État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré sur France inter que « la motivation terroriste n’est pas encore établie » et qu’il faut faire preuve « de la plus grande prudence ». Le tireur est « connu en droit commun pour beaucoup de délits autres que liés au terrorisme, il n'a même jamais été connu pour des délits liés au terrorisme ».
Néanmoins, le ministère de l’Intérieur a annoncé que le plan Vigipirate était monté d’un cran cette nuit, pour passer en « urgence attentat », le plus haut degré dans la nouvelle mouture du plan Vigipirate définie en décembre 2016. Rappelons que ce plan se décline à présent en trois niveaux : Vigilance, Sécurité renforcée/alerte et Urgence attentat. Ce niveau peut comporter des mesures exceptionnelles comme la fermeture de routes, l’arrêt de transports en commun ou l’interdiction des transports scolaires sur tout ou partie du territoire – mesure qui, apparemment, n’a pas été décidée dans la situation actuelle. En revanche, a expliqué ce matin la Garde des sceaux, « des contrôles d’identité renforcés » vont être menés sur tout le territoire et surtout, « une surveillance renforcée des marchés de Noël » va être mise immédiatement en place, afin d’éviter « un éventuel mimétisme ».
Dans un communiqué publié ce matin par l'AMF, les maires font part de « leur profonde émotion et leur soutien aux familles des victimes et aux blessés ». Ils assurent de leur « plein soutien les habitants, les autorités et les forces locales confrontés à cette terrible épreuve, et en particulier le maire et le conseil municipal de Strasbourg ainsi que l’ensemble des élus alsaciens ». 

F.L.



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