Édition du jeudi 6 juin 2019


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L'Observatoire des inégalités publie son panorama 2019

Dans son dernier rapport publié mardi, l’Observatoire des inégalités dresse un panorama complet de la situation des inégalités en France, des revenus à l’éducation en passant par le logement, l’emploi, les modes de vie… et l’état des lieux est peu flatteur alors que la crise des Gilets jaunes a fait de ce thème un enjeu majeur de ces derniers mois.

« L’accumulation engendre une reproduction des inégalités de génération en génération »
A travers une série de constats et de chiffres, l’Observatoire témoigne des écarts importants qui touchent les différentes catégories de populations composant le pays et rappelle que « l’accumulation » des richesses, notamment, « engendre une reproduction des inégalités de génération en génération ». Les 1 % des plus fortunés du pays possèdent 17 % de l’ensemble du patrimoine des ménages, les 10 % les plus riches, presque la moitié. En moyenne, les 10 % les plus aisés perçoivent des revenus 8,7 fois plus élevés que les 10 % les plus pauvres et reçoivent 23,8 % de l'ensemble des revenus, même après redistribution par les impôts et les prestations sociales. « La pauvreté ne frappe pas au hasard, elle a un visage : celui des catégories populaires (presque la moitié des personnes concernées ont au plus le brevet des collèges), des mères de familles monoparentales, des immigrés », rappelle l’Observatoire.
Bien que « le modèle social français [soit] loin d’être le plus inégalitaire des pays riches, il ne répond pas à la promesse d’égalité et suscite de très nombreuses frustrations », affirment les auteurs du rapport qui jugent que les écarts persistants entre les différents milieux sociaux « sont à la base de la montée du populisme dans les démocraties occidentales ».

Mal-emploi, inégalités scolaires, mal-logement, espérance de vie…
En substance, ils dénoncent « les privilèges, notamment associés au niveau de diplôme, conséquents dans notre société » et soulignent « l’ampleur de l’insécurité sociale liée notamment au mal-emploi ».
Ainsi, huit millions de personnes sont au chômage, disposent d’un statut précaire ou ont décroché du marché du travail, soit un actif sur quatre, selon le décompte de l’Observatoire qui constate que « la précarité recommence à augmenter depuis 2014 ». Celle-ci concerne un nombre croissant de travailleurs en CDD, intérim ou en apprentissage qui représentent dorénavant 13,6 % de la population (en 2017), contre 12 % dix ans plus tôt. Cette précarité qui « augmente depuis trois ans constitue un phénomène nouveau et inquiétant », expliquent les auteurs du rapport qui pointent également le rôle discriminant d’une absence de diplôme sur l’accès à l’emploi avec un taux de chômage des non-diplômés de plus en plus élevé depuis dix ans.
L’éducation justement… Selon l’Observatoire « la situation des inégalités scolaires semble figée » puisque « dès les petites classes, l’origine sociale des enfants influence fortement leurs résultats scolaires ». Le fossé est flagrant : ainsi, en CE2, les élèves les moins favorisés obtiennent une note moyenne de 57 sur 100 en français et de 58 en mathématiques, pendant que le quart issu des milieux les plus favorisés atteint respectivement 87 et 85. Le taux d’accès en seconde générale ou technologique est deux fois plus élevé pour les élèves d’origine favorisée (84,8 % contre 42,4 %) alors que les enfants de cadres supérieurs sont 2,9 fois plus nombreux que les enfants d’ouvriers dans l’enseignement supérieur (bien que ces derniers soient deux fois plus nombreux au sein de la population). « Pour réduire les inégalités sociales à l’école, il faudrait une volonté politique affirmée capable de bousculer le conservatisme des catégories diplômées. Et des moyens », dit l’Observatoire.
Sur la question du mode de vie, ce dernier estime que le « mal-logement persiste de manière choquante » avec 800 000 personnes qui n’ont pas de domicile personnel. De plus, treize années séparent l’espérance de vie des 5 % les plus pauvres (71,7 ans) des 5 % les plus riches (84,4 ans). A noter que, dans les médias, les milieux populaires restent peu visibles. « La télévision, par exemple, reflète la réalité sociale de notre pays de manière très déformée. Les cadres supérieurs y sont 15 fois plus visibles que les ouvriers dans les œuvres de fiction et les programmes d’information », constatent les auteurs de l’étude qui observent, toutefois, que la crise des Gilets jaunes a quelque peu infléchi cette statistique.
Reste que ce rapport décrit aussi les évolutions positives, qu’il s’agisse de la baisse du décrochage scolaire, du rapprochement entre femmes et hommes dans de nombreux domaines ou de la réduction de la précarité énergétique, par exemple.
A.W.

Télécharger "L'Essentiel" du rapport.
Accéder à la présentation du rapport complet.


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