Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 31 octobre 2005
Sécurité

Il ne s'agit plus de «faire de la police de proximité pour voir ce qu'y s'y passe mais d'interpeller», indique le ministre de l'Intérieur

Le temps de la police de proximité est-il révolu dans les quartiers sensibles ? C’est la question qui se pose depuis dimanche, après deux nuits de violentes émeutes à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Nicolas Sarkozy, qui devait se rendre ce lundi à la préfecture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, pour rencontrer policiers gendarmes et pompiers, a annoncé son intention d'aller dans un quartier sensible par semaine. «Il n'y a aucune raison que nos compatriotes qui vivent dans ces quartiers qui sont les plus modestes n'aient pas droit à la sécurité. A ce titre, j'irai chaque semaine dans ces quartiers», notamment à la rencontre des jeunes, a-t-il déclaré sur TF1. «J'ai demandé que 17 compagnies de CRS et sept escadrons de gendarmes mobiles - des centaines de gendarmes et de policiers - au lieu de faire de l'ordre public et de l'encadrement de manifestations (soient) à la disposition des habitants pour qu'ils aient le droit à la paix et au calme», a-t-il poursuivi. «Une chose a changé maintenant. Je demande aux policiers non plus de faire de l'ordre public mais d'interpeller», a souligné le ministre. Il ne s'agit plus de «faire de la police de proximité pour voir ce qu'y s'y passe mais d'interpeller», a-t-il insisté, prenant l'engagement de publier chaque mois un indicateur des violences urbaines. «Ce que je veux, c'est être jugé sur les résultats», a-t-il déclaré. «Je ne me laisserai impressionner ni par ceux qui parlent de ces quartiers sans jamais y mettre les pieds ni par ceux qui veulent mettre ces quartiers sous la coupe réglée. Les trafiquants, eh bien on va les éradiquer», a-t-il dit. Reste à savoir comment sera articulée cette nouvelle politique avec celle de prévention de la délinquance, pour laquelle le ministre de l'Intérieur a, le 19 octobre dernier, estimé qu'en matière de politique de prévention, il ne pouvait y avoir qu'un «seul patron : le maire». Le ministre avait rappelé qu'un projet de loi sur la prévention de la délinquance serait présenté d'ici «la fin de l'année». Dans ce domaine, «il faut un patron, un chef d'équipe, un coordinateur, ce ne peut être que le maire», a-t-il estimé, en indiquant que ce serait là un des points du futur projet de loi. Il faut aussi «que cette politique soit évaluée», a ajouté le ministre, en citant en particulier les subventions accordées à diverses associations qui ne font pas l'objet, selon lui, d'un contrôle suffisant sur l'usage qui en est fait. Enfin, «il faut une stratégie», a-t-il dit, en soulignant que «la politique de prévention n'est pas seulement une politique sociale».c=http:

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