Édition du mardi 26 mars 2019


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Médecins de garde : l'Ordre des médecins alerte sur l'augmentation des « zones blanches »

Alors que le projet de loi Santé doit être adopté aujourd’hui, en première lecture, par les députés, le Conseil national de l’Ordre des médecins a publié, hier, sa 16e enquête annuelle sur la permanence des soins ambulatoires (PDSA) qui pourra éclairer certains des débats. L’Ordre s’y inquiète, notamment, de la progression des « zones blanches » de médecins de garde dans certains territoires.
Ce constat est surtout vrai concernant la nuit profonde (de minuit à 8 heures) puisque c’est essentiellement dans cette période horaire que la part de « zones blanches » - territoire sans médecin de garde - est « la plus importante » et le taux de couverture le plus hétérogène. En effet, en 2018, 98 % des territoires étaient couverts durant les week-ends et les jours fériés, contre 91 % les soirs de semaine (de 20 heures à minuit) et 23 % en nuits profondes.

Entre minuit et 8 heures, « plus aucun territoire n’est couvert pour 30 départements »
Sur ce créneau, « plus aucun territoire n’est couvert pour 30 départements », expliquent les auteurs de l’enquête qui observent qu’entre 2017 et 2018 « un arrêt complet des gardes en nuits profondes a eu lieu au sein de plusieurs départements dont l’Ardèche, la Dordogne, le Puy-de-Dôme ou encore la Seine-et-Marne ». Dans ces déserts sans garde, le Samu et les urgences hospitalières interviennent, toutefois, si nécessaire.
Au niveau national, « seuls 23 % [des territoires] continueraient à être couverts par une offre ambulatoire en nuit profonde en 2018, soit 6 % de moins qu’en 2017 ». Et l’Ordre n’est guère optimiste pour l'avenir puisqu’il envisage que « cette tendance à la baisse se confirme en 2019 », la région Grand-Est prévoyant notamment un arrêt des gardes sur ce créneau pour l’ensemble de ses départements en 2019.

Désengagement des médecins libéraux
En parallèle, de nombreux départements feraient face à « un désengagement des médecins libéraux », selon l'Ordre des médecins. Outre le créneau des nuits profondes, le phénomène progresserait également pour les gardes de soirées en semaine qui « semblent également être remises en question par une partie des médecins ». Ce sont ainsi 71% des conseils départementaux de l’Ordre des médecins qui disent craindre un « désengagement à venir des médecins volontaires en soirée sur un ou plusieurs territoires ».
Et pour certains départements, ce désengagement est déjà une réalité : Bouches-du-Rhône, Calvados, Charente, Côte d’Or, Doubs ou encore Meurthe-et-Moselle. De nombreux conseils départementaux évoquent un « désengagement de fait en soirée de semaine lié au vieillissement de la population médicale et la désertification médicale de certaines zones », précisent les auteurs de l’enquête.
L'Ordre pointe aussi la responsabilité des Agences régionales de santé (ARS). Selon l’Ordre, celles-ci fusionneraient des secteurs de garde par « recherche d'efficience financière », sans tenir compte des besoins, augmentant le nombre de demandes à prendre en charge, allongeant les distances à parcourir et dissuadant ainsi les médecins de s'engager dans la permanence des soins.
 

Télécharger l’enquête.
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