Édition du mercredi 7 février 2018


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Neige et verglas : sérieuses perturbations dans la moitié nord du pays

La neige provoque de très importantes perturbations en Île-de-France depuis hier soir, alors que ce matin, 34 départements restent en alerte jaune ou orange, du Val-de-Loire à la Normandie, aux Ardennes et à la Meuse.
Fait rare : la préfecture de police de Paris a demandé expressément aux automobilistes ce matin « de ne pas prendre leur véhicule pour ne pas accentuer les points de blocage ». Hier soir, à l’heure de retour du travail, une partie de la région a été en effet paralysée par plus de 700 km de bouchons – un record historique. Jusqu’à 2000 personnes sont par exemple restées bloquées toute la nuit sur la nationale 118, au niveau de Vélizy.
Les bus parisiens et une partie des tramways sont à l’arrêt, et la circulation des trains du réseau de banlieue est « fortement perturbée », avec moins d’un train sur deux. La vitesse des trains, notamment TGV, a été réduite sur une partie du réseau national, occasionnant depuis hier d’importants retards.
Dans plusieurs départements, les transports scolaires sont totalement ou partiellement supprimés (Orne, Eure, Seine-Saint-Denis, Essonne, Yvelines, Seine-et-Marne, région Centre-Val-de-Loire.
Autre conséquence de ces intempéries : la circulation des camions de plus de 7,5 tonnes est interdite depuis hier en Île-de-France, occasionnant l’arrêt de la production et du chômage technique sur un certain nombre de sites industriels travaillant en flux tendu, comme l’usine PSA de Poissy ou celle de Renault à Flins, dans les Yvelines.
Dans toutes les communes concernées, les agents communaux et ceux des départements sont à l’œuvre pour déneiger les routes, saler les voies, aider les habitants à rentrer chez eux. Plusieurs maires, hier et cette nuit, ont tweeté ou communiqué pour rendre hommage au travail « irremplaçable » de ces agents, l’un d’entre eux notant ironiquement que « le budget de fonctionnement, ça sert à ça ».
En dehors des problèmes de circulation, c’est bien sûr la question de l’hébergement des sans-abri qui est le plus crucial. 22 départements (en Île-de-France, dans le Rhône et dans le Nord) ont activé l’alerte « grand froid », qu’il faut distinguer des alertes « neige et verglas » de Météo-France. L’alerte grand froid permet de mobiliser des infrastructures pour ouvrir des places d’hébergement exceptionnel – gymnases, salles communales, voire gare ou stations de métro. Selon la préfecture de région, 1500 personnes ont été hébergées cette nuit dans des centres d’accueil en Île-de-France : 600 dans 46 centres d’hébergement, 700 dans les gares parisiennes de Montparnasse et d’Austerlitz, et 230 à l’aéroport d’Orly.
Hier, le secrétaire d’État à la Cohésion des Territoires a créé la polémique en affirmant sur France inter que le nombre de personnes obligées de dormir dehors s’élevait à « à peu près une cinquantaine d’hommes isolés en Île-de-France ». Toutes les associations humanitaires (Secours populaire, Secours catholique, Médecins du monde…) ont fait part de leur stupéfaction après cette déclaration. Selon une enquête menée en janvier par l’une d’entre elles, il y aurait dans un seul arrondissement parisien (le 10e) 450 personnes à la rue, soit neuf fois plus que le nombre annoncé par le secrétaire d’État pour l’ensemble de la région. Selon certaines sources associatives, le nombre de sans domicile en Île-de-France se chiffrerait plutôt en dizaines de milliers.
F.L.

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