Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 19 février 2007
Responsabilités

Procès du tunnel du Mont-Blanc: le maire de Chamonix a fait appel pour le principe

Le maire de Chamonix (Haute-Savoie), Michel Charlet, et le responsable français de la sécurité dans le tunnel du Mont-Blanc, Gérard Roncoli, comparaîtront lundi devant la cour d'appel de Chambéry pour leurs responsabilités dans le drame du tunnel du Mont-Blanc qui a fait 39 morts en 1999. Les deux hommes sont poursuivis pour «homicides involontaires» et le procès doit durer trois semaines. En première instance, en 2005, seize prévenus, personnes physiques et morales, avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Bonneville (Haute-Savoie) qui avait prononcé 3 relaxes et 13 condamnations, à l'issue d'un procès de trois mois. Seuls MM. Roncoli et Charlet avaient fait appel. Michel Charlet, maire DVD de Chamonix, qui avait la tutelle des pompiers, dont l'un a perdu la vie dans l'incendie, avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende. Il est toujours ulcéré par cette condamnation: «Le fait de condamner un maire juste parce qu'un accident a eu lieu sur sa commune, alors qu'il n'a aucune compétence sur l'infrastructure qui est du ressort du préfet, est inacceptable», a-t-il expliqué. «Je ne veux pas me présenter aux prochaines élections municipales, mais j'ai fait appel pour une question de principe, je n'ai rien à me reprocher dans ce drame», a-t-il ajouté. Gérard Roncoli, 63 ans, lui, avait été le plus lourdement condamné, avec 30 mois de prison, dont 6 mois ferme. Le procureur n'avait requis contre lui qu'une peine de 30 mois de prison avec sursis mais M. Roncoli avait fait l'objet de la seule condamnation à de la prison ferme prononcée par le tribunal. Au cours des débats, ce responsable, qui avait pris en main la sécurité du tunnel du côté français, avait souvent indisposé le tribunal par son assurance d'avoir bien agi et son obstination à rejeter toute la responsabilité du drame sur les Italiens. Le parquet n'a pas fait d'appel général (collectif), ce qui évite que soient rejugés les 16 prévenus initiaux et permet ainsi ne pas rééditer un procès hors normes avec 57 jours d'audience dans une salle spécialement aménagée, 285 parties civiles, 80 avocats, pour un coût d'un million d'euros. Les débats, souvent très techniques, avaient mis en lumière une succession de défaillances qui a conduit au drame, tout en laissant le temps aux familles des victimes d'exprimer leur douleur. Le 24 mars 1999, un camion transportant de la farine et de la margarine avait pris feu au milieu du tunnel du Mont-Blanc, long de 11,6 km. L'incendie, qui avait fait rage pendant trois jours, s'était propagé à 35 véhicules et 39 personnes étaient mortes asphyxiées dans les premières minutes du drame.</scr

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