Édition du mardi 7 novembre 2017


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Listes électorales en Nouvelle-Calédonie : un accord a été trouvé

Après une longue réunion, toute la journée de jeudi dernier à Matignon, le 16e Comité des signataires de l’accord de Nouméa a trouvé un consensus sur les modalités d’organisation du référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, qui aura lieu l’an prochain au plus tard.
C’est en 1998 qu’avaient été signés les accords de Nouméa qui prévoyaient, au terme d’un long processus, l’organisation de ce référendum « entre 2014 et 2018 ». L’une des questions essentielles concernant l’organisation du scrutin est celle de la composition du corps électoral – question d’une extrême complication.
Il existe en effet trois listes électorales distinctes en Nouvelle-Calédonie, selon les règles fixées par la très complexe loi organique de 1999. La première, dite liste électorale générale (LEG) regroupe les électeurs participant aux élections nationales françaises (élection présidentielle, etc.). Elle comprend tous les Français habitant en Nouvelle-Calédonie depuis six mois au moins avant un scrutin. La deuxième liste, la liste électorale spéciale (LES), donne droit à participer à l’élection des assemblées délibérantes spécifiques de la Nouvelle-Calédonie, celle du congrès et celles des assemblées de province. Elle est ouverte, notamment, à des personnes résidant en Nouvelle-Calédonie depuis plus de dix ans au moment du scrutin. Reste enfin la liste électorale spéciale pour la consultation pour l’autodétermination (LESC). Les critères y sont plus restrictifs, car il a été admis que les électeurs qui vont décider du sort de la Nouvelle-Calédonie doivent, selon la formule consacrée par les accords, « y avoir le centre de leurs intérêts matériels et moraux ». Il faut par exemple pouvoir justifier de vingt ans de domiciliation continue en Nouvelle-Calédonie pour y figurer.
C’est l’inscription sur cette troisième liste qui a été au centre des polémiques de ces derniers mois. En effet, si quelque 160 000 personnes sont inscrites à ce jour, le croisement de cette liste et des autres données statistiques disponibles (données sociales, etc.) fait apparaître que plusieurs milliers d’habitants ne sont pas inscrits, en particulier parmi les Kanaks : selon les sources, entre 10 000 et 22 000 personnes seraient concernées. La question s’est donc posée de savoir s’il fallait organiser, d’ici l’an prochain, un dispositif d’inscription automatique.
Au terme de neuf heures de réunion, le 2 novembre, un accord a été trouvé, sous l’égide du Premier ministre, qui a conduit lui-même les négociations. Selon le relevé de conclusions publié par Matignon, tous les participants ont convenu que « la légitimité et la sincérité du scrutin » dépendent de la possibilité pour tous les Calédoniens de s’exprimer lors du référendum. Or, il apparaît que « 10 922 natifs qui résident de manière certaine en Nouvelle-Calédonie ne sont pas inscrits sur la liste électorale générale ». Il s’agit, selon Édouard Philippe, d’environ 7 000 personnes de « statut civil coutumier » (Kanaks) et de quelque 4 000 personnes de « statut civil de droit commun ». Il y aura donc bien, « de manière exceptionnelle », « une inscription d’office des personnes résidant en Nouvelle-Calédonie sur la LEG, préalable nécessaire à leur inscription sur la LESC ». La condition pour cela sera « une résidence de trois ans attestée par l’inscription sur les fichiers d’assurés sociaux ».
Les partenaires se sont également mis d’accord sur le principe de l’ouverture, en 2018, d’une période complémentaire d’inscription sur les trois listes électorales. Le résultat des croisements des bases de données électorales et sociales sera communiqué aux maires, « uniquement pour les ressortissants de leur commune ».
Enfin, pour faciliter l’exercice du droit de vote des îles de Nouvelle-Calédonie, des bureaux spéciaux seront mis en place à Nouméa pour les électeurs des îles (communes de Lifou, Maré, Ouvéa, L’Île-des-Pins et Bélep) résidant habituellement à Nouméa. Cette disposition sera facultative, au choix de l’électeur, et ne sera mise en place « que pour la consultation ».
Un groupe de travail spécifique va maintenant être constitué pour travailler à la mise en œuvre de ces décisions, incluant les deux associations de maires de Nouvelle-Calédonie. Il réfléchira également au « libellé » de la question qui sera posée aux électeurs.
Cet accord va déboucher sur une nouvelle proposition de loi organique qui sera présentée, en premier, au Congrès de Nouvelle-Calédonie.
F.L.
Télécharger le relevé de conclusions.



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