Édition du jeudi 29 novembre 2018


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La Réunion : Annick Girardin promet « 1500 places de crèche » et 30 millions d'euros pour les collectivités

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé hier un certain nombre de « mesures d’urgence » pour tenter de ramener le calme dans l’île de La Réunion, paralysée depuis deux semaines par le mouvement des gilets jaunes. Elle a notamment promis la création rapide de « 1 500 places de crèche ».
La protestation contre la hausse des prix du carburant a rapidement évolué, à La Réunion encore plus qu’ailleurs, vers l’expression d’une exaspération générale contre le chômage, la vie chère et la pauvreté. Rappelons que le taux de chômage est de 23 % dans l’île (contre 8,8 % en métropole), atteignant même 39 % chez les jeunes. Stéphane Fouassin, maire de Salazie et président de l’association des maires de La Réunion – que Maire info a interrogé pendant le congrès de l’AMF, la semaine dernière – connaît par exemple sur sa commune un taux de chômage de 52 %. « Aucune commune en métropole ne serait capable de supporter le taux de chômage que nous connaissons » dans l’île, s’indigne le maire de Salazie, qui dénonce également « la vie chère » (7 à 10 % plus chère que dans l’Hexagone, selon l’Insee) et la pauvreté : 40 % des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté, et le salaire médian dans l’île ne dépasse pas 1 150 euros par mois, contre 1 640 euros en métropole.
« Il faut donc des mesures exceptionnelles », plaidait Stéphane Fouassin la semaine dernière, qui par ailleurs « condamnait » les exactions et les actes de vandalisme qui ont émaillé les manifestations. Mais ils ne le surprennent pas : « L’Association des maires de La Réunion, depuis quinze mois, a averti le gouvernement sur la situation dans laquelle se trouvent les Réunionnais. Nous avons dénoncé par exemple la baisse des contrats aidés, que les communes n’ont plus les moyens de prendre. » Le maire de Salazie appellait donc les gilets jaunes à se « structurer » et à « définir une plate-forme de revendications », tâche que les élus de La Réunion sont « prêts à accompagner, pour que l’État les entende et trouve des solutions à nos problématiques ».

Des mesures « spécifiques »
En déplacement depuis hier sur l’île, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, a tenu à aller rencontrer des gilets jaunes sur un des principaux barrages de l’île, le barrage de Gillot, où l’attendaient 2 000 manifestants. La ministre a dialogué avec les habitants en colère, leur donnant notamment « raison » sur le fait qu’ils « ont le droit à plus de justice et d’égalité », car « La Réunion est une fille de la République, comme tous les territoires d’outre-mer ».
Elle a ensuite rencontré une délégation de gilets jaunes à la préfecture, puis des représentants syndicaux et des maires. Annick Girardin a ensuite pris la parole pour développer, dans un discours d’une dizaine de minutes, les mesures envisagées. Elle a d’abord égrené les mesures déjà prises à l’échelle nationale, qui, a-t-elle a expliqué, vont particulièrement bénéficier aux Réunionnais : l’augmentation de la prime d’activité, par exemple, va bénéficier à « 60 000 » habitants de l’île. La suppression de la taxe d’habitation, le gel des hausses de CSG pour les retraités les plus pauvres, l’augmentation de l’allocation adulte handicapé, sont autant de mesures qui, selon la ministre, vont avoir une portée particulière dans l’île.
Puis la ministre a annoncé un certain nombre de mesures spécifiques. « Un travail de fond va s’engager avec l’État, les collectivités et les associations. Vous allez pouvoir fixer vos priorités et définir un projet social. » Elle a défini « trois priorités » qui vont faire l’objet de mesures « concrètes » : premièrement, l’enfance et le soutien aux familles. « Nous allons développer l’accueil du jeune enfant, et la CAF va s’engager à créer à La Réunion 1 500 places de crèches dans les territoires fragiles et à l’intérieur de l’île. » Quinze « nouveaux centres sociaux » vont être créés avec « des possibilités de garde », ainsi que « cinq points conseils budgets » pour informer les familles. Elle a également promis « la baisse des prix alimentaires des produits pour les tout-petits, comme le lait maternisé », et enfin : « Dans les écoles, dès 2019, il y aura des petits déjeuners offerts là où les enfants viennent le ventre vide. » La ministre n’a rien dit sur le financement de cette dernière mesure.
Seconde priorité : les jeunes. « Nous allons multiplier les offres d’accompagnement » et faire en sorte qu’une offre de formation soit faite à tous les jeunes de moins de 18 ans. Les missions locales vont se voir offrir « des moyens supplémentaires ».
Enfin, Annick Girardin s’est engagée à « investir massivement dans l’accompagnement vers l’emploi ». Concrètement, le « plan d’investissement dans les compétences » sera doté de 253 millions d’euros.
Le gouvernement souhaite « soutenir les associations », et proposera « des moyens supplémentaires aux collectivités, en premier lieu le département », pour favoriser les politiques d’accompagnement et d’insertion. « Ce sont plus de 30 millions d’euros qui seront investis au côté des collectivités. »
Ces annonces « seront suivies par d’autres », a promis la ministre. Pour que « la vie puisse reprendre, le plus vite possible, à La Réunion ».
F.L.

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