Édition du lundi 5 septembre 2016


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Situation totalement bloquée à Calais

Après que le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, eut promis vendredi le démantèlement de la « Jungle » de Calais, plusieurs manifestations ont démarré ce matin à Calais, organisées par les transporteurs et les agriculteurs, qui exigent qu’une date soit donnée pour le démantèlement.
Natacha Bouchart, la maire de Calais, en tête, une manifestation a commencé vers 9h30 pour appeler les pouvoirs publics à agir rapidement. Transporteurs routiers, employés du port, agriculteurs et commerçants forment l’essentiel du cortège, pour dénoncer les baisses de chiffre d’affaires – allant jusqu’à 40 % dans certains commerces –, les dégradations sur les clôtures et les cultures, les agressions de routiers, et plus généralement la dégradation de l’image de la ville et du port de Calais. De nombreux témoignages de chauffeurs routiers ont fait état, tout le week-end, de la multiplication de véritables guets-apens sur la rocade menant au tunnel sous la Manche, des migrants désespérés forçant les camions à s’arrêter pour tenter de s’y introduire. En milieu de matinée, l’autoroute A16 était également bloquée par une opération escargot des transporteurs.
Les propos de Bernard Cazeneuve, vendredi, n’ont donc pas apaisé les esprits. En visite à Calais, le ministre de l’Intérieur a promis que l’objectif du gouvernement restait « un démantèlement », mais « par étapes » et « avec méthode et maîtrise ». C’est la méthode qui est prônée côté gouvernement depuis des mois : « Nous avons déjà procédé au démantèlement de la zone sud au début du mois de mars dernier, et nous avons déjà commencé celui de la zone nord, a expliqué le ministre de l’Intérieur. Mon intention est bien de poursuivre avec la plus grande détermination. »
Mais le problème soulevé par la maire comme par les riverains est que le démantèlement partiel des installations du camp ne se traduit nullement par une baisse du nombre de ses occupants. Natacha Bouchart a souligné que depuis le démantèlement de la zone sud, le nombre de migrants présents a doublé. De l’aveu des services de l’État, il y aurait aujourd’hui 6 900 migrants dans la Jungle ; selon les associations, ce serait même plutôt 9 000.
La situation semble aujourd’hui dans une impasse totale. D’un côté, l’exaspération compréhensible des riverains et des transporteurs ; de l’autre, des associations et des services de l’État qui expliquent, de façon non moins convaincante, que la fermeture brutale du camp et l’expulsion de ses occupants ne résoudrait rien, voire empirerait les choses, ayant comme conséquence la dispersion de milliers de migrants dans tout le secteur. Pour Bernard Cazeneuve, la priorité est bien de commencer par créer des places supplémentaires de CAO (Centres d’accueil et d’orientation) et de Cada (Centres d’accueil pour demandeurs d’asile) sur tout le territoire, pour pouvoir accueillir dignement les migrants qui seraient délogés de la Jungle. C’est « le nœud » de la politique du gouvernement dans ce domaine, a souligné le ministre, qui a annoncé 2 000 nouvelles places en CAO et 6 000 en Cada d’ici la fin de l’année.
Mais sur place, beaucoup doutent de l’efficacité de ces mesures, dans la mesure où c’est l’Angleterre que visent les migrants, qui risquent donc de ne pas accepter de se voir éloigner de la zone ou de chercher, par tous les moyens, à y revenir.
F.L.


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