Édition du mardi 5 avril 2005


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Drapeaux en berne : polémique après la mort du pape

Une polémique est née en France sur la frontière entre neutralité laïque de l'Etat et hommage rendu par ses plus hautes autorités au pape défunt Jean Paul II, notamment avec la mise en berne des drapeaux sur les édifices publics. A gauche, des élus, sentinelles d'une laïcité sourcilleuse, ont dénoncé la mise en berne des drapeaux en l'honneur d'un chef religieux. Ils se sont également émus que les préfets soient invités par le ministre de l'Intérieur aux messes organisées dans leurs départements en mémoire de Jean Paul II. Plusieurs associations et syndicats ont également exprimé leurs réserves. Les drapeaux en berne et les visites de condoléances des préfets aux évêques font partie des "usages républicains" après la mort d'un pape, assure un communiqué du ministère de l'Intérieur, diffusé lundi soir. "A l'occasion du décès d'un souverain pontife, les usages républicains prévoient la mise en berne de l'emblème national afin d'honorer la personne d'un chef d'Etat décédée dans l'exercice de ses fonctions s'agissant d'un pays proche de la France", fait valoir le ministère. Il ajoute, au titre de ces "usages républicains", "l'autorisation pour les préfets d'effectuer une visite de condoléances aux évêques et à se rendre à l'invitation éventuelle de ces derniers au service funèbre organisé à la mémoire du souverain pontife dans leur département". Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a déclaré mardi, sur RMC, au sujet des critiques adressées au gouvernement concernant la mise en berne des drapeaux : "Ce n'est pas une polémique, ce sont juste quelques voix qui s'élèvent et posent des questions et qui disent +est-ce que c'est bien nécessaire+ " . C'est "un usage républicain constant, a-t-il rappelé. (Cela) s'est fait pour tous les papes, sous toutes les Républiques, la cinquième comme la quatrième et la troisième" Les drapeaux ont déjà été mis en berne en France à l'occasion de la mort d'un pape, notamment pour Jean XXIII en 1963. En outre, comme l'avaient fait Charles de Gaulle pour Jean XXIII et Valéry Giscard d'Estaing pour Paul VI, le chef de l'Etat a assisté dimanche, de même que Jean-Pierre Raffarin, à la messe solennelle en l'honneur du souverain pontife. Matignon a expliqué, lundi, que la mise en berne, conforme à ce qui avait été observé pour les précédents papes, s'applique "aux chefs d'Etat en fonction avec lesquels la France entretient des relations privilégiées". Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg (PS) a, pour sa part, invité les maires "à ne pas se soumettre" à l'injonction officielle, tandis que Michel Charasse, sénateur PS de Puy-de-Dôme, a jugé nécessaire de "clarifier" les règles de mise en berne, car la pratique actuelle relève, selon lui, du "pagailleux". Le président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) Claudy Lebreton, a demandé "à son réseau d'élus" de "veiller au respect de la laïcité républicaine", sans pour autant leur recommander de ne pas suivre la consigne gouvernementale. Président d'une formation héritière de la Démocratie chrétienne, l'UDF, François Bayrou a pour sa part noté qu'il n'aurait "certainement pas" décidé de mettre les drapeaux en berne, une mesure qui "ne correspond pas à la distinction qu'il faut faire entre convictions spirituelles et choix politiques et nationaux".c=http://w
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