Édition du jeudi 18 juin 2015


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Jean-Pierre Raffarin propose de « sauver » les territoires ruraux en y accueillant des étrangers

L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a suscité bon nombre de réactions, hier, en prônant, à la fois « par humanisme » et dans l’espoir de « sauver » des territoires ruraux, l’installation de familles d’étrangers dans les zones rurales.
C’est sur Public Sénat que le sénateur de la Vienne a abordé la question en soulignant le « déficit démographique important » dans le monde rural : « On pourrait très bien sauver un grand nombre (de territoires ruraux) en faisant en sorte qu’une, deux ou trois familles puissent venir dans un certain nombre de villages. » Au-delà même de l’intérêt démographique de la mesure, Jean-Pierre Raffarin y voit une solution pour améliorer l’intégration : « On ferait en sorte que l’étranger, au lieu de venir déranger, vienne sauver un territoire, participe à une dynamique. »
L’idée n’est pas nouvelle – y compris dans le camp politique de Jean-Pierre Raffarin. On se rappelle qu’à la fin des années 1970, pendant la crise des boat people, le président de la République Valéry Giscard d’Estaing avait appelé « chaque commune de France » à accueillir au moins une famille de réfugiés du Vietnam, du Laos ou du Cambodge ravagés par la guerre. La France avait d’ailleurs, rappelons-le, accueilli à l’époque et légalisé en quelques mois plus de 128 000 réfugiés.
La proposition d’hier de Jean-Pierre Raffarin permet également de rappeler que dans plusieurs communes rurales, aujourd’hui, des maires agissent déjà pour redynamiser leur territoire grâce à l’apport démographique de réfugiés ou d’immigrants de fraîche date (lire l’enquête parue dans Maires de France, téléchargeable ci-dessous).
Elle a d’ailleurs reçu un accueil favorable à gauche, certains estimant, comme Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis, que cette proposition peut « tous nous rassembler ». Si des migrants sont « répartis sur l’ensemble des communes et des départements, tout de suite les choses deviennent plus acceptables », a poursuivi Razzy Hammady.
Le Front national a également réagi, d’une toute autre façon, puisque sa présidente a accusé Jean-Pierre Raffarin de « vouloir déverser l’immigration dans les campagnes encore préservées ».
Le gouvernement a quant à lui présenté hier des mesures d’urgence face à la crise des migrants : côté accueil, une dizaine de milliers de places supplémentaires devraient être créées d’ici 2017 dans les centres d’hébergement. Côté répression, le gouvernement demande aux préfets une mobilisation pour « interpeller davantage » de clandestins et « placer en rétention ceux qui doivent l’être ». D’où des réactions mitigées des associations de défense des droits de l’homme : France Terre d’asile a salué « l’ampleur » du nombre de places nouvelles qui vont être créées, tandis qu’Amnesty international France a dit son inquiétude devant l’appel à massifier les interpellations.
F.L.

Télécharger l’enquête de Maires de France, Quand les territoires ruraux deviennent des terres d’asile.
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