Édition du mardi 9 avril 2019


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Restitution du Grand débat : Édouard Philippe veut « rééquilibrer » les petites communes par rapport aux métropoles

Avant de s’adresser aujourd’hui aux députés et demain aux sénateurs, le Premier ministre, Édouard Philippe, a prononcé hier son premier discours de « restitution du Grand débat national ». En débutant par un hommage appuyé aux élus locaux, « à commencer par les maires de France », sans lesquels « ce débat n’aurait eu de grand que le nom ». « Très vite ils ont ouvert des cahiers dans leur mairie, partout ils ont accepté de prêter des salles. Beaucoup ont participé à des réunions, beaucoup l’ont fait avec une forme de distance tout à fait légitime et que je comprends parfaitement parce qu’ils ont considéré que l’important était l’expression, et pas forcément qu’il leur revenait à eux de répondre à des questionnements », a rappelé le Premier ministre.

Se tourner vers les communes « petites ou moyennes »
Édouard Philippe a également insisté sur la difficulté de l’exercice de la synthèse, tant il est « difficile de résumer en quelques mots ou par un discours les dizaines de millions de mots et les centaines de milliers d’idées qui ont été exprimés par nos concitoyens ». Il a toutefois retenu « quatre axes », « quatre exigences » dont certaines, nouvelles, « impliquent de changer d’approche, de méthode et peut-être d’échelle ».
Le premier constat est « une immense exaspération fiscale », « une sorte de tolérance fiscale zéro ». Le gouvernement d’Édouard Philippe a pourtant pris des mesures de baisses d’impôts, mais « pas assez vite, pas assez fortement ». Conclusion du Premier ministre : « Nous devons baisser et baisser plus vite les impôts ».
La deuxième « exigence » perçue par le Premier ministre est celle « de la proximité et du lien quotidien » – et, dans les réponses qui y seront apportées, c’est probablement celle qui concernera le plus directement les maires. « Nous vivons dans un pays où à certains endroits, on ne se voit plus ou on ne se parle plus. Et quand à son tour, le service public ferme ou déménage, c'est l'État qui est bien souvent le dernier rempart qui abandonne aussi », a commenté Édouard Philippe. Si la société a évolué vers un « rééquilibrage entre Paris et la province » à travers la construction de « puissantes métropoles », il s’agit maintenant de « rétablir l’équilibre entre les métropoles et les communes qui se trouvent à l’extérieur des logiques métropolitaines », les communes « petites ou moyennes qui ont encaissé le choc (…) de ce développement rapide » des métropoles.
Parmi les solutions envisagées, le Premier ministre a évoqué (rien de nouveau) « la réorientation de nos efforts d’investissement vers les transports du quotidien », mais aussi, « peut-être », une révision des règles d’urbanisme « qui ont bien souvent poussé à l’étalement ». Le chef du gouvernement a également entrouvert une porte sur la question de la dématérialisation, en reconnaissant qu’il fallait que « nos services publics redeviennent des services de contact, pas uniquement numériques ». Il a également dit souhaiter une administration qui repose sur « une production beaucoup moins importante de normes et beaucoup plus importante de solutions ».

Exigence démocratique
Édouard Philippe a également reconnu qu’il faudrait « être d’un aveuglement absolu » pour ne pas voir les critiques exprimées lors du Grand débat « à l’égard du gouvernement, des élus et des fonctionnaires ». Pour y répondre, il faut « mieux identifier qui fait quoi dans le millefeuille actuel ». Le Premier ministre n’a rien dit de plus sur ce sujet, mais on se demande ce qu’il faut en comprendre – va-t-on aller vers une redéfinition des compétences entre les différents niveaux de collectivités territoriales ?
Par ailleurs, il a noté une volonté forte d’une « démocratie plus délibérative », qui « existe, déjà, au niveau local ». Le gouvernement va donc proposer des solutions pour « une démocratie plus représentative, plus transparente, plus efficace ».
Enfin, la dernière exigence est celle de « l’urgence climatique », dont « les Français ont une claire conscience ». S’il apparaît que les Français, « à la différence d’autres peuples, ne sont pas climato-sceptiques », ils ne veulent plus « que les taxes leur dictent ce qu’ils doivent faire ».
Il reste maintenant à savoir quelles solutions concrètes le gouvernement va imaginer pour répondre à toutes ces « exigences ». La réponse ne viendra pas tout de suite, rappelons-le, puisque le président de la République souhaite maintenant engager une phase de concertation avec « les partenaires sociaux, les élus locaux et les acteurs associatifs ». Mais le Premier ministre s’est montré, en clôture de son discours, solennel : « Hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité, seraient à mes yeux impardonnables. »
Franck Lemarc

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