Édition du lundi 21 janvier 2019


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Emmanuel Macron face aux maires d'Occitanie : beaucoup de questions, peu de réponses concrètes

Après Grand-Bourgtheroulde, dans l’Eure, mardi dernier (lire Maire info), c’est à Souillac, dans le Lot, que le président de la République a poursuivi son tour de France des maires, vendredi. Même exercice et même format : pendant plus de six heures, Emmanuel Macron a écouté les revendications des maires du Lot et de la région Occitanie.
Les préoccupations des élus se ressemblent, d’un bout à l’autre du pays : intercommunalité, déserts médicaux, conséquences de la loi Notre, téléphonie mobile, taxe d’habitation… Comme dans l’Eure, les maires ne se contentent pas de constats mais font des propositions. Comme Agnès Simon-Piquet, maire de Junies, qui a proposé que l’État « oblige les opérateurs de téléphonie à tenir leurs engagements » ou que, pour aider les jeunes dans des territoires où « les transports en commun répondent mal aux besoins », l’âge d’obtention du permis de conduire soit abaissé à 17 ans. Cyril Delpech, président de la communauté de communes Montagne noire, a suggéré que l’État impose « par décret » aux opérateurs de couvrir « les zones grises ». « Acceptez un moratoire concernant la fermeture de classes en zone rurale ! », a plaidé la maire de Saint-Chély-d’Aubrac, Christiane Marfin. Paul-Marie Blanc, maire de Bérat, a réclamé « un véritable plan national pour la baisse des dépenses d’énergie », tandis que Stéphanie Guiraud-Chaumeil, maire d’Albi, a soulevé le problème de la démographie médicale en proposant au président « d’étudier les projets innovants qui émergent des territoires et de mieux répondre aux attentes des jeunes médecins ».
D’autres maires ont posé des questions de fond sur l’attitude de l’État, en général, vis-à-vis des collectivités : « Nous avons l'impression que, nous les maires, nous sommes montrés du doigt, comme des mauvais gestionnaires. La parole des maires doit être mieux considérée. Peut-on donner davantage de moyens réglementaires aux communes en termes de décentralisation et de déconcentration ? », a demandé Louis Villaret, maire du Pouget, tandis qu’Alain Torrent, maire de Céret, a souhaité que l’État « s’occupe du régalien et donne plus de liberté et de marge de manœuvre au local ».
Très applaudi, le maire de Saint-Cirgues, Christian Venries, président des maires ruraux du Lot, n’a pas mâché ses mots face au chef de l’État, avec un certain sens de la formule : « Je n’ai pas de master option langue de bois et je ne compte pas le passer. Il ne faut pas que ce grand débat devienne le grand bluff. (…) Arrêtez de stigmatiser, d’opposer, de mépriser car cela ne fait que générer de la violence, arrêtez de jeter en pâture les plus faibles, les plus démunis ! »

« Aucun changement de cap »
Si les questions ont été nombreuses, les réponses n’ont pas forcément été à la hauteur des attentes des maires. C’est en tout cas le sentiment du président de l’Association des maires du Lot, Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors, interrogé ce matin par Maire info. « Certes, nous sommes heureux de constater une volonté de renouer le dialogue avec les maires – qui ont vécu l’absence du président au Congrès des maires ou l’échec de la CNT comme une rupture. Vendredi, de nombreux maires ont pu s’exprimer, faire des constats, poser des questions très précises. Mais sur ces questions, il n’y a pas eu de réponses réellement concrètes. »
Seul sujet sur lequel le maire de Cahors voit « une réelle ouverture » : c’est celui des 80 km/h. Comme dans l’Eure quelques jours plus tôt, Emmanuel Macron s’est montré ouvert à une évolution vers « quelque chose de plus négocié au niveau local » – ce qui serait « du bon sens » pour Jean-Marc Vayssouze-Faure. Mais sur le reste, le maire de Cahors n’a vu « aucun changement de cap et entendu aucune réponse précise ». Que ce soit « sur la question de la compensation de la suppression de la taxe d’habitation, sur celle des compétences – notamment le transfert obligatoire de l’eau et de l’assainissement, sur les mécanismes de péréquation, sur l’évolution de la DGF… Pas la moindre piste sérieuse de réflexion ». Jean-Marc Vayssouze-Faure espère donc qu’après cette phase d’échanges, un « travail sérieux va s’engager entre le gouvernement et l’AMF » pour donner « un débouché concret » à ces débats.
Prochaine étape du tour de France des régions engagé par le président de la République : ce sera l’Île-de-France, jeudi. Probablement pas sous le même format que dans l’Eure et dans le Lot : les informations qui sont distillées ce matin par le gouvernement laissent à penser que la réunion sera plus « intimiste », avec un nombre de maires présents bien plus restreint que pour les deux précédentes réunions.
Signalons enfin que les cinq « garants » du Grand débat national ont tous été désignés. Il s’agit de Jean-Paul Bailly, ex-patron de la RATP ; Nadia Bellaoui, secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement ; Guy Canivet, ancien président de la Cour de cassation et ancien membre du Conseil constitutionnel ; Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil ; et Pascal Perrineau, politologue et ancien patron du Cevipof.
Franck Lemarc
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