Édition du vendredi 7 novembre 2014


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86 % des élus convaincus que la baisse des dotations va influencer leur politique de ressources humaines

Le cinquième « baromètre RH des collectivités locales » a été publié hier. Désormais traditionnelle, cette enquête est réalisée chaque année par l’entreprise de travail temporaire Randstad. Cette année, elle fait ressortir de façon frappante « l’effet ciseau », souvent dénoncé par l’Association des maires de France, entre baisse des dotations et hausse des charges.
C’est le maire employeur qui est interrogé à travers cette enquête : près de 400 collectivités ont répondu au questionnaire de Randstad (petites, moyennes et grandes communes, EPCI à fiscalité propre, conseils généraux et régionaux) pour faire le point sur leur politique de ressources humaines.
Première conclusion : pour une écrasante majorité de collectivités, la baisse des dotations ne va pas seulement avoir une influence sur l’investissement, mais aussi sur les ressources humaines. 86 % des collectivités, et même 96 % des grandes communes, estiment que cette baisse va « influencer leur recrutement ». La gestion du personnel devient donc, apparemment, une variable d’ajustement face à la baisse des dotations, puisque 66 % des communes interrogées estiment que « la maîtrise de la masse salariale est leur première priorité ». Mais maîtrise de la masse salariale ne signifie pas forcément baisse des effectifs : seuls 21 % des élus interrogés pensent jouer sur le recrutement – les autres tablant plutôt sur la révision des temps de travail, la réorganisation des services ou la mutualisation. Une collectivité sur cinq déclare des effectifs en baisse en 2014, et une sur quatre des effectifs en hausse.
Autre donnée intéressante : les intentions des élus en matière de remplacement des départs en retraite. Selon l’étude, une part majoritaire d’élus (39 %) envisage de remplacer deux agents sur trois. Mais surtout, 22 % d’entre eux prévoient de ne remplacer « aucun » départ en retraite. On notera au passage que la question de la possibilité de remplacer tous les départs en retraite n’a même pas été posée aux élus, ce qui est en soi une information.
L’enquête fait également le point sur les conséquences en termes de personnel de la réforme des rythmes scolaires. Pour traduire en actes cette réforme, 33 % des élus dans les communes ont « mobilisé des agents en poste », 23 % ont recruté des vacataires (« animateurs ou étudiants »), 17 % ont conventionné avec des associations, 9 % ont fait appel à des bénévoles.
On apprend enfin dans cette étude que 26 % des petites communes et 36 % des communes moyennes disent avoir fréquemment dû faire face à des difficultés de recrutement. En cause, majoritairement, le manque de candidats sur des métiers dits « en tension », aux premiers rangs desquels « agent d’entretien, technicien de voirie, animateur de loisirs et ouvrier polyvalent de maintenance des bâtiments ». Et également le faible niveau des rémunérations – le gel du point d’indice étant un facteur aggravant.
Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que plus d’un quart (28 %) des collectivités estiment que, par rapport à l’an dernier, « le climat social s’est dégradé » en leur sein. Dans les grandes villes, note l’étude, « ce taux culmine même à 46 % ».

Télécharger l'enquête Randstad
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