Édition du Mardi 3 octobre 2017


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Réélu à la présidence du Sénat, Gérard Larcher veut lutter contre « le poison lent de la fracture territoriale »

Gérard Larcher (68 ans, sénateur des Yvelines et ancien maire de Rambouillet) a été largement réélu hier, pour la troisième fois, à la présidence du Sénat, par 223 voix contre 79 et 15 voix à ses concurrents, Didier Guillaume et Éliane Assassi.
Dans le discours qu’il a prononcé juste après son élection, Gérard Larcher, après avoir rendu hommage à Nicole Bricq, ancienne sénatrice de Seine-et-Marne décédée le 6 août dernier, a proposé une « feuille de route » aux 348 sénateurs.
« Faire entendre la voix des territoires », c’est pour Gérard Larcher la fonction essentielle du Sénat, en s’appuyant sur « deux principes » : « Être garants de l’équilibre des pouvoirs et garants de l’équilibre des territoires ». Rappelant que c’est la Constitution qui fixe au Sénat la responsabilité « de représenter les collectivités territoriales, les élus locaux, les difficultés quotidiennes de chaque Français dans leurs communes », Gérard Larcher veut que la chambre haute incarne « le respect dû aux élus locaux » : « La fracture territoriale est un poison lent qui mine notre pays. Nous devons réconcilier la France avec tous ses territoires. Le maillage territorial que représentent nos élus locaux peut seul permettre de reconnecter tous les territoires à la République. »
Le Palais du Luxembourg doit être « un contre-pouvoir sans jamais être un anti-pouvoir », selon son président. Il a la capacité de « résister aux effets de mode et aux artifices temporaires de communication, qui feraient croire qu’on passe de l’ancien monde au nouveau monde ». Cette remarque est la seule pique envers le gouvernement que se sera permise Gérard Larcher dans son discours : on se souvient qu’au lendemain des élections sénatoriales, plusieurs ministres avaient employé l’expression de « vote de l’ancien monde » pour qualifier ce scrutin au suffrage indirect. L’expression avait été peu appréciée par un certain nombre de maires.
On retiendra que contrairement au président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, qui n’a pas évoqué ce sujet dans son discours sur la réforme de l’Assemblée nationale le 20 septembre, Gérard Larcher a longuement évoqué la question du non-cumul des mandats – devenu une réalité au Sénat depuis le 1er octobre. « La fin du cumul des mandats est un défi, a-t-il souligné, qui fragilise le lien qui unissait les sénateurs aux élus locaux. Le sénateur d’octobre 2017 n’est plus celui de juin 2017. Il faudra donc consulter davantage les élus locaux. » Pour ce faire, le président de la chambre haute propose de « mettre en place un outil numérique de consultation permanente des élus locaux ».
Sur la réforme constitutionnelle à venir – dans laquelle, on le sait, le Sénat à majorité de droite jouera un rôle crucial, puisqu’une telle réforme doit être adoptée avec les trois cinquièmes des voix des députés et des sénateurs réunis – Gérard Larcher ne s’est pas montré fermé : « Le président de la République souhaite réduire le nombre de parlementaires. Je n’y suis pas a priori opposé. » À « une condition », a-t-il toutefois ajouté sous les applaudissements nourris des sénateurs : c’est que le Sénat continu à « incarner la diversité qui cimente une nation », et que cette réforme « ne réduise pas au quasi-silence les territoires à faible démographie ».
Demain à 15 heures, le Sénat désignera les vice-présidents, les questeurs et le Bureau. Jeudi seront constituées les commissions, avant une réunion de la conférence des présidents qui fixera l’ordre du jour des séances à venir.
F.L.

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