Édition du Lundi 29 septembre 2014


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Le Sénat repasse à droite et le Front national y fait son entrée

Le résultat ne faisait guère de doute : la droite a repris hier la majorité au Sénat, après l’élection visant à renouveler la moitié de ses sièges. Trois ans après que la gauche eut, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, conquis la majorité à la Chambre haute, la parenthèse se referme. Effet mécanique de la large victoire de la droite aux élections municipales de mars dernier – puisque les conseillers municipaux forment les principaux bataillons des grands électeurs appelés à s’exprimer aux sénatoriales – l’UMP et l’UDI reprennent la majorité au Sénat avec une dizaine de sièges de plus que la majorité absolue. D’après les chiffres disponibles en début de matinée, la gauche (PS, EELV, Radicaux de gauche et Front de gauche) aurait 157 sièges (sur 348), l’UMP et l’UDI 189.
Pour la première fois de son histoire, le Front national obtient deux sièges au Sénat. David Rachline, maire de Fréjus, et Stéphane Ravier, maire du 7e secteur de Marseille, ont été élus hier. Les conseilleurs municipaux du FN n’ayant mathématiquement pas pu suffire à assurer cette élection, il est évident que les deux candidats FN ont bénéficié de suffrages au-delà des élus de leur parti. Un nombre significatif d’élus locaux du sud de la France, sans étiquette ou divers droite selon les enquêtes d’opinion, ont donc cette fois accordé leur confiance au parti de Marine Le Pen.
À l’autre extrémité du spectre politique, le Front de gauche s’effondre : il perd trois de ses cinq sièges (Allier, Bouches-du-Rhône et Rhône). Revers également pour les Radicaux de gauche, dont le président, Jean-Michel Baylet, a été battu dans le Tarn-et-Garonne.
Quelques élus font leur entrée, pour la première fois, au Sénat. C’est le cas du député-maire de Troyes, François Baroin, qui quitte l’Assemblée pour le Sénat – plus que confortablement élu, avec 76,6 % des voix. Son départ de l’Assemblée va d’ailleurs provoquer une législative partielle dans l’Aube. À gauche également, certains sont élus pour la première fois au Sénat, comme Annie Guillemot, maire de Bron dans le Rhône, ou Marie-Pierre Monier, maire de Vinsobres dans la Drôme.
Reste à savoir ce que ce basculement à droite du Sénat va changer pour l’exécutif. Pas forcément grand-chose, en réalité, puisque le PS n’avait déjà qu’une majorité relative au Sénat et qu’il ne pouvait faire passer ses textes sans le soutien de l’un ou l’autre de ses alliés écologistes, Front de gauche ou radicaux. Or on se souvient qu’à plusieurs reprises, durant ces trois dernières années, ces alliés lui ont fait défaut et que des textes importants comme le budget de l’État, le budget de la Sécurité sociale ou le texte sur le non-cumul des mandats, ou encore plus récemment la réforme territoriale, avaient été rejetés par le Sénat. La Constitution donnant à l’Assemblée nationale le dernier mot, le rejet d’un texte par la Chambre haute ne l’empêche pas de passer, et ne fait que le retarder.
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