Édition du Jeudi 25 avril 2019


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Réfugiés : des maires de grandes villes demandent « une réponse structurelle » au gouvernement

Réunis hier au centre social et culturel Rosa-Parks (XIXe arrondissement de Paris) autour d’Anne Hidalgo, douze maires, l’AMF et France Urbaine ont demandé à l’État de « garantir un accueil digne des réfugiés ». La veille, une lettre ouverte, rendue publique à l’issue de la conférence de presse, a été adressée à Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, ainsi qu’à Julien Denormandie, son homologue à la Ville et au Logement. Les élus signataires (maires de Paris, Saint-Denis, Strasbourg, Grenoble, Metz, Troyes, Aubervilliers, Grande-Synthe, Bordeaux, Nantes, Rennes, Toulouse…) ont le sentiment d'être « abandonnés ». Ils demandent aux deux ministres de les recevoir « afin d’échanger sur le dispositif d’accueil et d’orientation des migrants et la mise à l’abri inconditionnelle des personnes présentes sur notre territoire ».

« Il faudrait créer 40 000 places d’hébergement » d’ici 2022
Selon un décompte de l’association France terre d’asile daté du 19 avril, entre 800 et 1 475 personnes dormaient dans des campements insalubres (tentes, cabanes) dans les XVIIIe et XIXe arrondissements de la capitale (portes de la Chapelle, d’Aubervilliers et de la Villette). Anne Hidalgo y voit une situation « qui n’est plus acceptable » et demande « une réponse structurelle » au gouvernement. Confrontés à « une situation humanitaire qui ne cesse de se dégrader », les communes souhaitent « être autour de la table, accompagner les efforts que l’État doit faire dans la compétence (celle de l’accueil des réfugiés, ndlr) qui est la sienne et lui proposer des solutions », a poursuivi la maire de Paris, égrenant une à une les failles du dispositif mis en place après la fermeture du centre de La Chapelle (XVIIIe). « Et que l'on ne nous fasse pas le coup de l’appel d’air ».
« Donnez-nous des places », a lancé à l'attention du gouvernement Emmanuel Carroz, adjoint au maire de Grenoble (Isère) en charge de l’Égalité des droits et de la Vie associative. Sur le terrain, « l’engorgement des centres d’hébergement » est constaté par tous. Pour Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, « il faudrait créer 40 000 places d’hébergement d’ici la fin du quinquennat », dit-il soulignant « le décalage insupportable » entre le nombre de demandeurs d’asile (122 000 en 2018) et le nombre de places d’hébergement (86 000). « Il faut sortir de la politique à la petite semaine et élaborer un plan national afin de proposer un accueil digne des réfugiés ». Pour accueillir les demandeurs d’asile, Michel Cadot, préfet d’Île-de-France, a fait savoir au début du mois qu’un sixième centre d’accueil et d’examen des situations pourrait être créé dans la région.

Quel rôle pour les communes ?
Dans leur courrier, les élus assurent que « de nombreuses collectivités ont su expérimenter des dispositifs et peuvent être forces de proposition. Nous devons construire collectivement une réponse au défi que pose l’accueil des réfugiés en France ». « Nous devons passer de la gestion de l’urgence permanente à quelque chose d’organisé avec un dispositif cohérent au moins dans une métropole régionale », précise François Dagnaud, maire du XIXe arrondissement de Paris. Son homologue du XVIIIe arrondissement, Éric Lejoindre, ne dit pas autre chose : « L’enjeu essentiel, c’est l’organisation de la politique d’accueil au niveau national. L’État doit conserver son rôle en mettant collectivités et associations autour de la table ». Les communes pourraient, par exemple se charger de « la recherche du lieu d’hébergement » quand l’État « prendrait à sa charge les personnels chargés de l’accompagnement des réfugiés », illustre Jaklin Pavilla, première adjointe au maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Qu’en serait-il alors du degré de responsabilité des collectivités dans cette organisation nationale ? Faut-il que l’accueil des réfugiés, aujourd’hui compétence exclusive de l’État, devienne une compétence partagée ? Invité de France Info hier, Raphaël Pitti, adjoint au maire de Metz (Moselle), plaidait en faveur d’un élargissement de cette compétence aux communes, sous prétexte que les maires et les élus locaux sont « directement concernés ». « De fait, on est déjà dans une compétence partagée », nuance Colombe Brossel, adjointe à la mairie de Paris. « À Paris, plus de 5 000 personnes sont à la rue. Nous, Ville, nous nous sommes engagés à trouver 2 500 places d’hébergement. À l’État de faire le pas en face. » Et l’élue de conclure : « Il ne s’agit pas d’entrer dans une partie de bras de fer avec l’État mais d’initier des projets et inventer des dispositifs ».
À Paris, Ludovic Galtier
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