Édition du mercredi 24 septembre 2014


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La nouvelle carte de l'éducation prioritaire dévoilée

La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, en déplacement hier à Sedan, a dévoilé la nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire (les REP et les REP+) par académies.
On ne connaissait jusqu’à maintenant que les écoles et établissements scolaires regroupés dans les 102 réseaux pilotes, sélectionnés fin août pour être « préfigurateurs » des réseaux REP+, disposant de moyens particulièrement importants : scolarisation avant trois ans, deux enseignants par classe dans certains cours, soutien pédagogique après les cours, mais aussi, pour les enseignants, du temps dégagé pour travailler en équipes et des rémunérations plus attractives. Après cette phase de préfiguration, ce seront au total 1082 réseaux REP, dont plus d'un tiers de REP+, qui seront mis en place à la rentrée 2015.
La ministre n’a dévoilé hier qu’une liste montrant la répartition du nombre de réseaux par académie. Ce n’est qu’au début de l’année prochaine que sera donnée la liste précise des établissements sélectionnés.
À l’échelle académique, ce sont naturellement les territoires « où se concentrent le plus les difficultés sociales », comme l’a expliqué la ministre, qui concentrent le plus de REP+ (voir carte ci-dessous). Les académies de Lille, Créteil et Aix-Marseille sont les mieux dotées, avec respectivement 41, 34 et 33 REP+, contre un seul dans celles de Rennes ou Limoges. Les Outre-mer ne sont pas oubliés, avec 18 REP+ en Guyane, 21 à La Réunion et 8 à Mayotte.
Il reste donc maintenant aux recteurs d’académie à dresser la liste des établissements qui seront intégrés à ces réseaux, ce qui devra être fait dès janvier. À l’inverse du système actuel, que Najat Vallaud-Belkacem définit comme une « juxtaposition sans cohérence de dispositifs », les nouveaux critères de choix se veulent objectifs et « reflétant la réalité sociale ». Le choix s’effectue grâce à un indice social « calculé sur la base de quatre paramètres de difficulté sociale : taux de personnes défavorisées, taux de boursiers, taux d’élèves résidant en zone urbaine sensible, taux d’élèves en retard à l’entrée en 6e ». La ministre a précisé que la nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire « convergerait » avec celle de la politique de ville, mais que « convergence ne veut pas dire équivalence » – ce qui signifie que certains quartiers pourront faire partie des futurs quartiers prioritaires « sans que leurs collèges ou écoles soient en éducation prioritaire ».
Ces annonces ont été faites au moment où se tient la Journée nationale du refus de l’échec scolaire. À cette occasion, la Fondation étudiante pour la ville publie aujourd’hui une enquête très préoccupante sur la corrélation entre inégalités scolaires et inégalités sociales. On y apprend par exemple que dans les quartiers défavorisés, un enfant sur deux n’a aucun livre chez lui, que 40 % ne sont aucunement aidés par leurs parents, et que 37 % avouent « ne pas comprendre ce qu’on leur demande à l’école ». Voilà qui confirme ce que révélait l’enquête Pisa de décembre dernier (lire Maire info du 4 décembre 2013) : la France, qui ne cesse pourtant de parler d’ascenseur social et d’égalité républicaine, est un des pays développés où l’éducation est la plus inégalitaire.

Télécharger la nouvelle carte académique des REP et REP+.
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