Édition du jeudi 5 novembre 2015


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Égalité femmes-hommes : un guide pour lutter contre les stéréotypes

Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes lance aujourd’hui, à midi, son Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe. Destiné en particulier aux élus, ce petit guide bourré de conseils, d’exemples, d’explications, et de surcroît non dénué d’humour, sera fort utile à tous ceux qui veulent tordre le cou aux idées reçues et promouvoir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Dans ce domaine, expliquent en préambule les auteures du guide, « l’État et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires ».
Il y a des chiffres qui valent de longs développements : dans les communes françaises, 6 % des rues portent le nom d’une femme. C’est un des nombreux exemples égrenés tout au long de ce guide qui, en dix recommandations, se donne pour objectif d’aider les élus, en particulier, à promouvoir l’égalité femmes-hommes dans la communication publique. Avec, par exemple, une règle tout simple que nous venons d’appliquer : parler « d’égalité femmes-hommes » et non, comme il est courant, « d’égalité hommes-femmes ». Non pas par volonté de placer les femmes en premier, ni moins encore par galanterie, mais tout simplement… parce que le plus simple et le plus égalitaire est d’utiliser l’ordre alphabétique !
De même, dans toute communication publique, le guide recommande d’utiliser systématiquement le féminin lorsqu’il existe (les mots dits « épicènes », c’est-à-dire ayant la même forme au féminin et au masculin, comme « artiste » ou « fonctionnaire », étant très minoritaires). On écrira donc systématiquement « cheffe de service », « auteure du rapport » ou « ingénieure en travaux publics ». Le rapport recommande évidemment d’en finir avec l’habitude aussi désuète que phallocrate consistant à écrire « madame le maire » et « madame le ministre », sans parler, pire encore, de « madame le sénateur ».
Le document rappelle que les expressions « chef de famille », « mademoiselle », « nom de jeune de fille », « gérer en bon père de famille » sont aujourd’hui « bannies du droit français », et qu’il convient donc de « les éliminer de l’ensemble des documents administratifs, notamment des formulaires et correspondances ».
Il rappelle ensuite quelques règles élémentaires : « Le fait de n’utiliser que le prénom des femmes là où on utilise les prénoms et noms des hommes est discriminant », ou encore « ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle ou la vie de famille » – notant avec bon sens : « Il est courant de demander aux femmes qui exercent des responsabilités, et à elles seules, comment elles parviennent (ou pas) à mener de front carrière et vie de famille. Si cette question est pertinente, il convient de la poser aussi aux hommes. »
Une mention spéciale – et ironique – est décernée aux élus qui « offrent une rose » au personnel féminin de leur collectivité le jour du 8 mars, Journée internationale des femmes. Le guide rappelle que le 8 mars est une journée qui permet de réaffirmer « l’importance de la lutte pour les droits des femmes », et que cette journée n’est donc « ni la Saint-Valentin ni la Fête des mères ».
Un chapitre est consacré à la communication visuelle, rappelant qu’il faut veiller à l’image des femmes et des hommes sur une affiche ou toute autre photo (éviter les stéréotypes de couleur, ne pas mettre systématiquement les hommes au premier plan et les femmes au second, ou les femmes dans des activités d’assistantes sociales et les hommes dans les métiers intellectuels ou manuels…). Le guide conseille, lors de l’organisation d’événements, de « compter systématiquement » le nombre de femmes et d’hommes invités à s’exprimer et surtout le nombre d’experts. Il appelle à se souvenir qu’il existe autant d’expertes que d’experts dans tous les domaines…
Enfin, la publication appelle à rendre aux femmes la place qui leur revient dans les « odonymes », c’est-à-dire les noms de rues et de lieux. Elle souligne que seul un certain volontarisme permettra de rééquilibrer les choses, comme l’ont fait les élus de la commune de Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne) qui ont décidé de donner à toutes les rues d’un nouveau quartier un nom de femme. Pour autant, conclut le guide, on veillera à ne pas « retomber dans les stéréotypes de sexe » sur ce sujet, en donnant systématiquement un nom de femme aux salles de danse ou aux crèches et un nom d’homme aux stades de foot !
F.L.
Télécharger le guide.
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