Édition du lundi 27 juin 2016


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Notre-Dame-des-Landes : le « oui » l'emporte à plus de 55 %

Les électeurs de Loire-Atlantique ont tranché hier : à une assez nette majorité (55,17 %), ils se sont déclarés favorables au transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes. La participation au référendum organisé ce dimanche a été relativement importante, mais pas exceptionnelle (51,08 % des inscrits ont participé au scrutin).
Ce résultat est une étape importante dans l’interminable débat qui agite depuis des dizaines d’années le département. Pour le gouvernement, cette consultation était en effet une manière de trancher définitivement – plusieurs ministres ayant affirmé que si le « oui » l’emportait, cela mettrait fin aux débats : les terrains occupés par les opposants seraient évacués et les travaux commenceraient rapidement.
Les opposants à l’aéroport ont tenté tous les recours pour contester le référendum, issu d’une toute nouvelle procédure. On se souvient en effet que la procédure de consultation locale ne pouvait s’appliquer dans ce cas, puisqu’il ne s’agit pas d’un projet sous maîtrise d’ouvrage d’une collectivité territoriale, mais sous celle de l’État. Il a donc fallu au gouvernement une loi (la loi Macron) et une ordonnance taillée sur mesure pour rendre possible cette consultation. Le Conseil d’État, saisi par les opposants, a finalement par deux fois donné raison au gouvernement (lire Maire info des 21 et 23 juin).
Les résultats du scrutin sont évidemment très contrastés selon les communes. Dans les territoires les plus proches du futur aéroport, le vote non l’a emporté de façon parfois écrasante. À Notre-Dame-des-Landes, sans surprise, le non remporte 73,6 % des suffrages, avec une participation record de 75 %. Même tendance dans les autres communes voisines du futur chantier (Le Temple-de-Bretagne, 68 % de non, Vigneux-de-Bretagne, 69 %, Le Pellerin, 60,3%). Seule exception parmi les communes jouxtant le futur aéroport : la commune de Blain a voté oui à 57,7 %.
À l’inverse, la plupart des villes et villages subissant actuellement les nuisances de l’aéroport Nantes-Atlantique ont massivement voté oui : à Saint-Aignan-de-Grandlieu par exemple, située au bout des pistes de Nantes-Atlantique, le oui a remporté 71,7 % des suffrages.
Les villes ont plutôt clairement voté oui : c’est le cas de Saint-Nazaire (53,38 %), Châteaubriand (72,26 % pour le oui), Saint-Herblain (53,2 %). Seule exception : Rezé, qui a rejeté le projet à 53 %. À Nantes enfin, il a fallu attendre la fin de soirée pour connaître le résultat, extraordinairement serré : le oui l’emporte finement d’une très courte tête, avec 50,06 % (le résultat s’est joué à moins de 100 voix d’écart sur 833 700 votants).
Et maintenant ? Côté gouvernement, on estime le débat plié : le Premier ministre, Manuel Valls, a réagi un peu après minuit par communiqué en assurant que « le gouvernement fera appliquer le verdict des urnes », que les travaux commenceront « dès l’automne » et que « les personnes occupant illégalement le site du nouvel aéroport devront partir ». Bruno Retailleau, le président de la région Pays-de-la-Loire, a demandé au gouvernement de faire procéder à l’évacuation immédiate de la « ZAD » et le commencement rapide des travaux. Quant au député écologiste de Loire-Atlantique, François de Rugy, opposant de toujours au projet, il a déclaré ce matin qu’il fallait « avoir le courage de reconnaître ce résultat ». Il estime néanmoins « peu probable » que les travaux puissent démarrer dès l’automne.
Quant aux autres opposants, ils ne désarment pas. L’un de leurs porte-parole avait d’ailleurs prévenu avant même que soient connus les résultats : « Pour nous, même si c’est oui [qui l’emporte], ce sera toujours non ! ». La principale association locale opposée à l’aéroport, l’Acipa, a déclaré dans un communiqué hier soir : « Le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés. (…) Il ne s'agissait pour nous que d'une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Cette lutte se poursuit dès ce soir. »
La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, qui va devoir, dans un contexte social déjà tendu, décider s’il choisit de faire évacuer les terrains par la force.
F.L.

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