Édition du mardi 14 janvier 2003


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Pas de département basque, dit Jean-Pierre Raffarin

Jean-Pierre Raffarin a exclu lundi, devant les élus concernés, la création d'un département basque tout en se disant prêt à œuvrer en faveur de l'identité culturelle du Pays basque français. Le Premier ministre a fait cette mise au point lors d'une réunion à Matignon avec les parlementaires du département des Pyrénées-Atlantiques, dont le président de l'UDF François Bayrou. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et élue du département, ainsi que Patrick Devedjian, ministre des Libertés locales, assistaient également à la réunion. "Le gouvernement n'envisage pas de créer de nouveaux départements et sa préférence va au contraire au regroupement éventuel de collectivités locales", a expliqué en substance Jean-Pierre Raffarin, selon un communiqué de Matignon. L'idée d'un département Pays basque - le Pays Basque français et le Béarn sont les deux pôles du département des Pyrénées-Atlantiques - a ressurgi à la faveur de la réforme de décentralisation engagée par Jean-Pierre Raffarin. Le Premier ministre s'est montré en revanche favorable à ce que, "dans le cadre de la décentralisation en cours, des réponses fortes soient apportées aux aspirations légitimes et pacifiques des territoires", notamment "dans le domaine culturel et linguistique". Ces aspirations portent notamment sur l'enseignement de la langue basque, et ce alors qu'une décision du Conseil d'Etat a privé de fondement juridique, en novembre 2002, les aides financières que l'Etat et les collectivités locales peuvent apporter à l'enseignement des langues régionales. "C'est la première fois qu'une réunion sur le problème basque se tient au niveau du Premier ministre", s'est félicité Alain Lamassoure, député européen UDF et président du Conseil des élus basques, à l'issue de la réunion. Selon M. Lamassoure, le gouvernement étudie la mnaière de résoudre le problème des langues régionales "à travers une loi organique ou un autre dispositif juridique nouveau et sûr". Dans ce contexte, des groupes de travail, pilotés par le ministère de l'Intérieur, vont être mis en place afin de "préciser les conditions dans lesquelles sera reconnue l'identité du Pays basque", a ajouté M. Lamassoure. Le sénateur-maire PS de Pau (capitale du Béarn), André Labarrère, a qualifié de "très satisfaisante" l'annonce du Premier ministre. "Jamais un gouvernement, y compris celui de Jospin, n'a dit cela clairement. Il est temps de dire les choses clairement. Ce serait une catastrophe (..) Le département, c'est la pierre angulaire de la République. On ne doit absolument pas diviser un département", a-t-il dit dans la cour de Matignon. "Le problème basque existe depuis vingt ans" mais "les particularités des Pyrénées-Atlantiques et du Pays basque n'avaient jamais véritablement été portées au niveau du chef du gouvernement", a souligné M. Lamassoure. "Le Pays basque fait partie du petit nombre de régions françaises où s'exprime un fort besoin d'identité culturelle régionale et qui connaît un malaise politique compte tenu des liens entre le Pays basque français et les problèmes tragiques et d'ailleurs différents du Pays basque espagnol", a souligné le député européen. La revendication d'un département Pays basque a été évoquée le 9 novembre à Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques) au cours d'Assises départementales préparatoires sur les libertés locales. <scrip
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