Édition du lundi 4 février 2019


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Pass culture : l'expérimentation débute pour 10 000 jeunes dans cinq départements

Annoncée pour l’automne dernier, l’expérimentation - d’une durée de trois ans - du Pass culture, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, a finalement débuté le 1er février dernier pour un budget de l’ordre de 34 millions d’euros en 2019. Une deuxième phase devrait suivre avant l’été.
Dans les faits, 10 000 jeunes volontaires âgés de 18 ans, résidant dans les départements du Finistère, de l’Hérault, du Bas-Rhin, de Seine-Saint-Denis et de Guyane, peuvent bénéficier, depuis cette date, d’un pass crédité de 500 euros « non renouvelable ». Le but : leur permettre « d’acquérir des biens et des services culturels » recensés par une application numérique géolocalisée à télécharger sur smartphone. Le Pass culture est censé, pour l'heure, « favoriser l'accès aux offres culturelles situées à proximité du lieu de situation de l'utilisateur ». Les collectivités sont ainsi invitées à créer leur espace professionnel sur le site www.pass.culture.fr. Selon Le Monde, 900 offreurs (librairies, salles de spectacle, musées, associations) participent à l'expérimentation.
Les jeunes concernés pourront s’offrir places de spectacle, de concert, de théâtre, livres, musique mais aussi jeux vidéo « pédagogiques ou artistiques ». « Les achats seront plafonnés par catégorie : 200 euros pour les offres en ligne comme les abonnements à Deezer, Netflix (pas présent pour l'heure), Canalplay, 200 euros (et non plus 100 euros) pour les biens culturels, livres ou CD, et un plafond illimité pour les sorties culturelles ou les cours de pratique artistique », écrivait dans un rapport sur le sujet, Pierre Person, député La République en marche de Paris. Une phrase qui a fait bondir son homologue Les Républicains, Brigitte Kuster. « Vous prévoyez donc d’attribuer 200 euros, sur 500, aux plateformes numériques, qui ne financent aucune création française, ou presque. »

« Une fausse bonne idée »
À l’automne dernier, la députée de Paris n’a pas été la seule à tiquer. Autant sur l’offre proposée que sur le coût supporté par l’État, le dispositif a concentré les critiques de l’ensemble des groupes d’opposition. Au nom de La France insoumise, Michel Larive, député de l’Ariège, estimait, par exemple, que « le Pass culture ne remplira pas ses promesses. Il ne fera pas disparaître les inégalités culturelles entre les jeunes, bien au contraire. Ce sont ceux qui ont déjà les bonnes références qui en bénéficieront le plus. » Michèle Victory, députée socialiste de l’Ardèche, ajoutait : « La région Rhône-Alpes a expérimenté un chèque culture ; nous avons constaté, malheureusement, qu’il ne changeait pas grand-chose au fait que les jeunes vont systématiquement vers ce qu’ils connaissent déjà (…) Si le Pass culture ne prend pas la suite d’actions éducatives, scolaires notamment, très précises, alors je crains qu’il n’ait que peu de chance de réussir ». Sur ce point, le ministre de la Culture, Franck Riester, a garanti qu’avec « l’éditorialisation de l’offre, des algorithmes aideront les jeunes à choisir : ils leur proposeront ce qui est dans leur intérêt premier, ou éventuellement ce qui se situera dans la suite d’actions d’éducation artistique et culturelle ».

Questions autour du financement du dispositif
Le financement du Pass culture fait, lui aussi, débat. En octobre, Brigitte Kuster s’interrogeait : « Une somme de 34 millions d’euros est allouée à l’expérimentation du Pass par 10 000 jeunes, soit un coût de revient de 3 400 euros par personne ! Combien coûtera donc le dispositif final, une fois déployé auprès de 800 000 jeunes ? Il ne faudrait pas que le Pass culture soit une fausse bonne idée qui se transforme en gouffre financier. » S’il est généralisé, le Pass culture devrait s’adresser à 800 000 personnes qui ont chaque année 18 ans (l'objectif est de 200 000 personnes d'ici fin 2020) et coûter chaque année environ 400 millions d’euros.
Selon Le Canard Enchaîné, le ministère de la Culture ne devrait prendre en charge que 80 millions d’euros (100 millions d'euros au maximum), le solde « étant offert » par les éditeurs, les producteurs et les auteurs. Franck Riester, quant à lui, reste flou : « Le modèle économique du Pass culture repose aussi sur la participation des partenaires de l’État (secteur culturel et acteurs économiques externes) L’expérimentation permettra de vérifier ce point : nous voulons savoir comment ils joueront le jeu, comment ils s’impliqueront, par le mécénat, par des dons faits aux jeunes… »
Ludovic Galtier
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