Édition du lundi 4 octobre 2010


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Budget 2011: face au gel des dotations de l'Etat, les collectivités vont réduire leurs investissements

Interrogé par l’AFP sur les conséquences de la stabilisation des concours financiers de l’Etat en 2011 et pour la période 2011-2014, Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France (AMF), s’attend à une baisse de l’investissement en 2011 et 2012. «Environ 20.000 communes seront pénalisées par le gel des dotations», dit-il. Mais d’un autre côté, il estime possible de réaliser des économies, en particulier grâce à la mutualisation des services. «Dans bien des communes, il y a encore de la marge». «Dans ma ville de Lons-le-Saunier (Jura), précise-t-il, nous avons depuis 2003 des services communs pour la ville et pour l’intercommunalité. Auparavant nous avions deux directions générales des services, et tous les services étaient doublés. Grâce aux économies réalisées, j’investis 500 euros par habitant et par an, alors que la moyenne des villes de ma catégorie est de 350 euros», ajoute-t-il. «Si c’est nécessaire, je réduirai mes investissements, mais je resterai confortablement au-dessus de la moyenne». «Tous nos investissements vont être gelés» alors que «nous sommes dans une période de sortie de crise où il faut retrouver la croissance», s’est alarmé le président de l’Association des régions de France (ARF), Alain Rousset (région Aquitaine). Premières victimes, pour M. Rousset, les investissements routiers. «Ils font partie des opérations que nous pourrions arrêter de financer pour revenir à nos compétences propres» que sont le transport ferroviaire, les lycées et le développement économique, a-t-il jugé. Mais il n’exclut pas, à échéance de 3-4 ans, des difficultés pour le rail si aucune recette dédiée n’est créée d’ici là. Il ajoute que, dans la région Aquitaine, il «va devoir différer la modernisation des équipements pour les lycées, et retarder les investissements pour les industries et ceux destinés à la formation professionnelle». Plus grave, a-t-il jugé, «nous allons être obligés de retarder notre participation aux projets d’investissements des communes». Pour sa part, le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton, considère également qu’il devra sacrifier en priorité les routes, ainsi que le développement économique. Les départements devront aussi réduire leur aide aux communes rurales, prévoit M. Lebreton. Il se plaint d’être devant une équation budgétaire impossible à résoudre: «Dans mon département des Côtes d’Armor, j’ai 500 millions de dépenses de fonctionnement, et 100 millions d’investissements par an. Selon nos calculs, il manquera 24 millions. Et nos dépenses sociales obligatoires explosent»: allocation personnalisée d’autonomie (APA), prestation de compensation du handicap (APCH) et revenu de solidarité active (RSA). La solution sera une baisse des investissements, prévient-il. Pour le président du conseil général des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, il faut «adapter les dépenses aux recettes, et cela impose des choix sélectifs». «Depuis deux ans, j’ai pratiqué une réduction des frais généraux. Je vise une baisse de 10% des effectifs, soit 500 postes. Les dépenses des moyens généraux ont été réduits de 15%». (Avec AFP)
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