Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 4 mars 2003
Aménagement rural

Le maire de Borée (Ardèche) s'oppose à la fermeture de son bureau de poste

A Borée (Ardèche), le maire, confronté comme d'autres maires à l'exode rural, est entré en résistance contre la fermeture de son bureau de poste presque centenaire. "La Poste invoque un chiffre d'affaires insuffisant", indique Georges Murillon, 59 ans. La commune cévenole ne compte plus que 140 habitants, ils étaient près de 2 000 à l'ouverture du premier bureau. Le directeur du groupe la Poste pour l'Ardèche, Jean-Paul Sozzéde, joint au téléphone par l'AFP, précisait lundi que "le chiffre d'affaires était tombé à 19 euros par jour" à Borée. Et que le receveur, qui ouvrait son bureau deux heures par jour, "ne recevait de clients que quinze minutes par jour". A cette statistique, le maire oppose le chiffre de "trois millions d'euros de comptes et produits financiers confiés à la Poste" par les habitants du village et la centaine d'habitants du village voisin, un montant que la Poste ne peut commenter. S'ajoute l'impression d'être lâché par l'Etat alors que "dans nos petits villages la mairie, l'église et la poste sont sociologiquement très importants", déclare le maire sans étiquette. Au pied du Mont Mézenc, Borée connaît l'hiver d'importantes chutes de neige que le vent de la région, la Burle, transforme en congères. "Nous vivons alors en autarcie, il nous reste un bar-restaurant et une épicerie car ici les commerçants travaillent, les supermarchés étant à plus d'une demi-heure de route", constate l'élu. M. Murillon, qui a obtenu en septembre 2002 la réouverture de la classe unique du village, pourtant fermée pendant 17 ans, ne désespère pas de la réouverture de la poste. Les habitants l'avaient occupée après le départ en retraite en janvier du receveur, qui a coïncidé avec la décision de fermeture. Fin février, le maire a envoyé par la poste à des cuisiniers comme Paul Bocuse ou Anne-Sophie Pic la "Vitelotte", une pomme de terre du pays à la chaire bleue-mauve. "Nous avons aussi envoyé un exemplaire du tubercule aux chefs à l'Elysée et Matignon", a-t-il précisé. Pour le maintien de sa poste, M. Murillon a suggéré aux destinataires de commander le précieux légume par cinq kilos : "A 8 euros les frais de port et d'emballage, le chiffre de notre poste pourrait ainsi remonter", ironise l'élu. Au groupe la Poste, on souligne "la concertation avec les élus", notamment dans le cadre des commissions départementales de présence postale territoriale. "Le 25 juillet, nous avons évoqué la fermeture d'une quinzaine de bureaux en Ardèche", indique M. Sozzéde. Trois villages, dont Borée, ont refusé nos propositions. Elles consistent à confier l'activité postale au secrétaire de mairie, avec une subvention de la Poste, "ce qui peut consolider un emploi local". Ou bien créer un "Point-Poste" dans un commerce, moyennant un forfait de 130 euros par mois et une commission. Ou encore adopter le système "allo-poste", pour une commande par téléphone honorée par le facteur lors de sa tournée. Selon M. Sozzéde, Borée a obtenu un délai jusqu'à juillet pour la recherche d'une solution.c=http://ww

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