Édition du vendredi 14 février 2003


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Banque de France : entre 60 et 80% de grévistes hier

Après les élus locaux et leurs associations – AMF, maires de petites, moyennes et grandes villes et maires ruraux -, les salariés de la Banque de France se sont fortement mobilisés jeudi à l'appel de leur intersyndicale pour dire leur refus d'une fermeture des trois quarts des succursales, un scénario qui suscite une montée de protestations parmi les élus locaux. Sur les 8 000 salariés des succursales, 62% étaient en grève selon la direction, plus de 80% selon les syndicats organisateurs. La direction a fait état de 50,6% de grévistes sur l'ensemble des 16.000 salariés de la Banque. Plus des trois quarts des 211 succursales sont restées portes closes selon les syndicats. Diverses actions ont également été menées - manifestations, rencontres avec les élus, blocages de routes. A Paris, une assemblée générale a regroupé quelque 600 salariés. Redoutant une "casse sans précédent" de l'établissement, les syndicats ont rappelé lors d'un point presse le caractère atypique des missions de proximité exercées par la Banque et qui ne "peuvent en aucun cas être comparées à celles des autres banques centrales européennes": par exemple le traitement des dossiers de surendettement ou les aides aux PME. "Comment voulez-vous que des surendettés exsangues fassent des centaines de kilomètres pour aller chercher un dossier?", a demandé Jean-Louis Corvaisier (CGT). Les deux études internes du secrétaire général Yves Barroux, rendues publiques vendredi, préconisent l'abandon de la clientèle particulière et la fermeture de 105 à 189 succursales sur 211. "La question est de savoir si Jean-Claude Trichet va s'approprier ou non cette vision délétère de la Banque de France", a souligné Jean-Michel Reynaud (FO) selon lequel le gouverneur fera part de ses propres propositions fin avril. "Nous sommes prêts à discuter d'une évolution des structures, avec des points durs, certes, comme l'emploi", a souligné Bernard Burel (CFDT). "En ce qui concerne le dialogue social, on s'est pris la porte dans la figure", a souligné Frédéric Philippe (SNA, premier syndicat), ajoutant : "Les choses se font dans notre dos, le gouvernement et notre gouverneur négocient en douce un contrat de service public, c'est scandaleux". Mercredi soir, le ministère de la Fonction publique a précisé qu'un contrat de service public était sur le point d'être conclu avec le ministère des Finances et la BDF. Ce contrat, sorte de cahier des charges en termes d'aménagement du territoire, fait office de "préalable obligatoire" à toute modification du réseau. s
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