Édition du vendredi 15 mars 2019


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Minima sociaux : le nombre d'allocataires s'est stabilisé en 2017

Après avoir baissé de 1,3 % en 2016 pour la première fois depuis 2008, le nombre d’allocataires de minima sociaux s’est stabilisé (+ 0,1 %) en 2017. C’est ce que révèle la dernière étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée la semaine dernière.
Fin 2017, ce sont 4,22 millions de personnes qui étaient ainsi allocataires de l’un des dix minima sociaux (1). « En tenant compte des conjoints et des enfants à charge, environ 7 millions de personnes, soit 11 % de la population », étaient couvertes par ceux-ci.

« Mouvements d’entrées et de sorties très conséquents »
En 2017, suivant le mouvement du nombre d’allocataires, les dépenses liées au versement des minima sociaux se sont également quasi stabilisées (+ 0,2 %, bien loin de la hausse de 4,4 % en moyenne annuelle entre 2009 et 2015) et s’élevaient à 26,5 milliards d’euros, soit 1,2 % du produit intérieur brut (PIB).
La baisse du nombre d’allocataires constatée en 2016 et sa stabilisation en 2017 font suite à un infléchissement commencé en 2014 (+ 2,7 % puis + 1,9 % en 2015), après les fortes hausses de 2012 (+ 4,4 %) et 2013 (+ 4,8 %). Les auteurs de l’étude soulignent, toutefois, que « l’évolution des effectifs d’allocataires masque des mouvements d’entrées et de sorties dans les minima sociaux très conséquents ». Ce constat est particulièrement perceptible avec les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) puisqu’un quart d’entre eux fin 2016 ne percevaient plus de minima sociaux fin 2017. À l’inverse, un quart des bénéficiaires de cette allocation fin 2017 ne recevaient pas de minima sociaux fin 2016. Une situation que l’on observait également chez les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), mais pas chez ceux de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), pour qui « le faible taux de sortie et la durée plus courte des sorties reflètent les difficultés d’insertion spécifiques des adultes handicapés en situation de précarité ».

Les effectifs du RSA et de l’ASS en baisse, ceux de l’ADA et l’AAH en hausse
Si les effectifs du RSA, établis à 1,88 million d’allocataires en 2017, poursuivait leur baisse (- 0,5 %), c’est de manière nettement moins marqué par rapport à la forte diminution de 2016 (- 4,3 %). Une situation qui contraste avec les quatre années de progression qui précédaient (+ 2,5 % en 2015, + 4,8 % en 2014, + 7,4 % en 2013 et + 6,2 % en 2012). Un inversement de la tendance consécutif à « l’amélioration du marché du travail durant l’année 2016 » et à « la mise en place de la prime d’activité au 1er janvier 2016, qui a remplacé le RSA activité », selon les auteurs de l’étude.
De leur côté, le nombre de bénéficiaires de l’ASS reculait encore « plus fortement » qu’en 2016 (- 6 % en 2017 contre - 3,9 % en 2016). Les deux autres allocations chômage - l’allocation équivalent retraite de remplacement (AER-R), l’allocation temporaire d’attente (ATA) – s’éteignaient progressivement.
En parallèle, les allocataires de l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) et de l’AAH étaient en progression. Suivant la hausse progressive et légère depuis 2012, ces derniers ont vu leur croissance s’amplifier en 2017 de 3 % pour atteindre 1,16 million de bénéficiaires. Une accélération « uniquement imputable aux allocataires dont le taux d’incapacité est compris entre 50 % et 79 % », selon la Drees puisque « le nombre d’allocataires dont le taux d’incapacité est supérieur ou égal à 80 %, lui, stagne ». En cause, le relèvement des plafonds de ressources, le recul de l’âge minimum de départ à la retraite et l’extension de deux à cinq ans des droits de l’AAH.
Le nombre de bénéficiaires de l’ADA a, quant à lui, augmenté de 14 % (86 800 bénéficiaires) tout comme celui des personnes percevant l’allocation veuvage (9 000 personnes), tandis que le nombre des allocataires du minimum vieillesse est resté stable (plus de 552 000 allocataires).
A.W.

Télécharger l’étude.

(1) Le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation de solidarité spécifique (ASS), l’allocation équivalent retraite de remplacement (AER-R), l’allocation temporaire d’attente (ATA), l’allocation pour demandeur d’asile (ADA), l’allocation aux adultes handicapés (AAH), l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), l’allocation veuvage (AV), les allocations du minimum vieillesse (ASV et Aspa) et le revenu de solidarité (RSO).
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