Édition du lundi 3 octobre 2016


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La dématérialisation, nouveau défi pour l'action sociale

Plutôt qu’un énième baromètre de l’action sociale locale, dévoilé lors de son congrès, l’Union nationale des CCAS (UNCCAS) a choisi cette fois-ci de commander à l’Institut national des études territoriales (INET) une étude sur les conséquences, pour les CCAS et CIAS, de l’effet conjugué de la contraction des moyens financiers et de la progression de la demande sociale.
Comme plusieurs élus l'ont confirmé lors du congrès de l'UNCCAS qui s’est tenu les 29 et 30 septembre à Clermont-Ferrand, les budgets des CCAS/CIAS ont été plutôt maintenus à leur niveau, voire augmentés, plus rarement réduits.
Cette « sanctuarisation » apparaît être une bonne nouvelle, d'ailleurs saluée par la secrétaire d’État à la Lutte contre l'exclusion, Ségolène Neuville, car elle permet de poursuivre les politiques sociales engagées auprès des personnes en difficulté, mais aussi des personnes âgées, handicapées, des familles, etc. Mais cette sanctuarisation est plutôt un « trompe l’œil », a expliqué Audrey Mazars, l'une des auteures du rapport. Car la demande, elle, ne stagne ni ne diminue. Au contraire même, comme l'a observé cette année, dans le Puy-de-Dôme, le maire de Billom. Il a dû faire voter un additif au budget de l’aide d'urgence car mi-août, le budget annuel avait déjà été entièrement consommé. Ce qui le préoccupe surtout, c’est que 90% de ces situations d’urgence sont dues à des retards de versement de prestations, eux-mêmes très souvent liés à des problèmes de traitement de dossiers administratifs par la CAF ou Pôle emploi. Dès lors, la dématérialisation de nombreuses démarches, liée à la numérisation accrue des relations entre usagers et administrations, fait tout aussi peur qu’elle intéresse. La présidente de l’UNCCAS, Joëlle Martinaux, l’a souligné, en demandant que ce processus ne s’accompagne pas d’une déshumanisation préjudiciable aux plus vulnérables et fragiles. Ce sont les CCAS et CIAS qui s'attendent à devoir recevoir un nombre élevé de personnes qui ne maîtrisent pas ces démarches, n'ont pas d'accès à internet ou cherchent le dernier bureau où l'on accueille encore, une fois que la CPAM et la CAF ont fermé leur guichet. C'est d'ailleurs aussi ce qui menace la commune de Billom, mais le maire a décidé de se battre pour l'éviter.
Ce n’est donc pas seulement la contrainte budgétaire qui pèse sur les CCAS et l’action sociale qu’ils déploient, mais cette contrainte, conjuguée à une « complexification » de la demande sociale. La réaction passe par « des mutations internes, voire la réorientation de certains dispositifs ». Cela oblige à rechercher de nouveaux financements, de modifier des pratiques, comme l'ont observé les étudiants de l'INET ou encore renforcer celle de l'analyse des besoins sociaux que le gouvernement a pourtant failli réduire à néant. « Les choix qui seront faits devront être éclairés par une analyse précise des conséquences sur la population, en anticipant les effets pervers de long terme qu’ils pourront créer », conclut l'étude. Qui alerte aussi sur les conséquences sur les agents, également soumis à de fortes pressions.
Emmanuelle Stroesser

Télécharger l’étude de l’INET.

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